Une des principales tensions dans la protection de l’enfance réside dans l’articulation entre les droits et devoirs d’intervention de la puissance publique dans la sphère privée pour protéger les membres les plus faibles de la famille d’une part et le droit au respect de la vie privée et de la vie familiale d’autre part. Ces deux types de droit (protection et respect de la vie privée et familiale) trouvent leur fondement dans le droit interne (dans la Constitution, le code de l’action sociale, le code civil) comme international (Convention internationale des droits de l’enfant, Convention européenne des droits de l’homme).
L’évaluation y est vue comme le point nodal de cette articulation, puisqu’elle est posée comme le garde fou pour justifier la nécessité de l’intervention et de la prise en charge.
En ce sens la réforme du 5 mars 2007 fait, de l’évaluation, un préalable obligatoire à la mise en place de toute prestation (article 10) et réaffirme l’enfant, comme sujet premier de l’intervention. Elle réinterroge donc les finalités de l’évaluation avec comme fondements de l’intérêt de l’enfant et ses besoins.
L’évaluation des situations familiales pose donc des questions sensibles à tout point de vue. Evaluer pourquoi ? Evaluer comment et avec qui ? Avec quels critères, quels référentiels ? Qui garantit les droits des différentes parties ? Qui a le pouvoir d’attribuer une valeur et de juger ? Qui est porteur de connaissances sur la situation évaluée ? L’importance des décisions prises, et de leurs conséquences, nécessite que les institutions s’engagent auprès des professionnels pour garantir un référentiel partagé, et une « délibération » autour des situations rencontrées. Les cadres, en leur sein, sont à la confluence de trois sources : la commande institutionnelle, les évaluations des professionnels, et les droits des parents et de l’enfant.
Les cadres n’ont pas nécessairement à maîtriser toute la technicité de l’évaluation des situations familiales, ils ont cependant à garantir l’ensemble du processus. Ils doivent veiller à la légitimité de la commande, en organiser la stratégie, et permettre à l’ensemble des intervenants de mener une évaluation fondée sur des critères partagés et discutés. Enfin, ils ont à s’assurer que les droits et la place des parents mais aussi de l’enfant soient pris en compte, pour que l’évaluation soit la première pierre dans une dynamique de travail à entamer avec les familles.
Lieu
CNFPT- ENACT - Angers
Renseignements
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