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La Lettre de la Fondation pour l'Enfance - Lettre n°38 -

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LE MINEUR INCARCERE

 

Peut-on encore parler d’enfant lorsqu’un jeune mineur va en prison ?

Aujourd’hui, la loi permet d’incarcérer les enfants auteurs de crimes à partir de 13 ans. Et, à 13-14 ans, c’est bien d’enfants dont il s’agit !
Mais qu’a-t-il fallu à un jeune pour en arriver là ?

Plusieurs raisons peuvent être invoquées : situation familiale difficile, voire critique, carences affectives, maltraitance, appartenance à des bandes organisées, désœuvrement, absence totale de repères…

C’est souvent une histoire faite de ruptures, d’abandons successifs, de renoncements et qui le laisse seul, sans lien, démuni…

Qui sont aujourd’hui ces jeunes incarcérés ? Des adolescents, souvent récidivistes auteurs de faits très graves relevant de la criminalité au sens de la loi pénale.

En 2002, 3862 incarcérations ont été enregistrées (soit une augmentation de 20% par rapport à 2001).

La durée moyenne d’incarcération, en augmentation elle aussi, est actuellement de 2,6 mois. Mais l’incarcération ne se banalise pas, elle demeure le dernier recours lorsque toutes les autres mesures ont échoué.

Il nous a été possible de visiter les quartiers pour mineurs de plusieurs établissements pénitentiaires. Nous y avons trouvé des conditions de vie bien différentes selon les lieux mais, partout, nous avons rencontré des équipes compétentes et impliquées (personnels de surveillance, éducateurs, médecins, enseignants, travailleurs sociaux…). Le traitement particulier réservé à l’enfant incarcéré devrait permettre de lui assurer l’assistance éducative nécessaire à sa propre réhabilitation.

Il convient de réfléchir sur l’impact et les conséquences de l’enfermement pour le jeune détenu ainsi que pour l’ensemble de ses proches.


Plus que jamais, durant l’incarcération, le lien avec la famille doit être maintenu et favorisé. L’enfant ne doit pas se sentir abandonné mais au contraire soutenu et aidé afin que, le temps de la sanction passé, il puisse repartir avec un projet de vie authentique.

La mission de la Fondation pour l’Enfance est de prendre en compte le cas, très souvent méconnu, des enfants incarcérés, . Il est de notre devoir, à nous les adultes, de mettre tout en œuvre pour éviter les dérives dramatiques, conséquences inéluctables de la criminalité des adolescents.

Nous devons tout tenter, tout essayer pour prévenir cette escalade de la délinquance et donner aux enfants qui relèvent malheureusement de cette logique, les soins dont ils ont besoin.

Incarcérer un enfant reste une décision grave sur laquelle la société doit s’interroger.

François Iguenane
Directeur de la Fondation pour l'Enfance

Sommaire de la Lettre n°38

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