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Peut-on
encore parler denfant lorsquun jeune mineur va en prison
?
Aujourdhui, la loi permet dincarcérer
les enfants auteurs de crimes à partir de 13 ans. Et, à
13-14 ans, cest bien denfants dont il sagit !
Mais qua-t-il fallu à un jeune pour en arriver là
?
Plusieurs raisons peuvent être invoquées
: situation familiale difficile, voire critique, carences affectives,
maltraitance, appartenance à des bandes organisées,
désuvrement, absence totale de repères
Cest souvent une histoire faite de ruptures,
dabandons successifs, de renoncements et qui le laisse seul,
sans lien, démuni
Qui sont aujourdhui ces jeunes incarcérés
? Des adolescents, souvent récidivistes auteurs de faits
très graves relevant de la criminalité au sens de
la loi pénale.
En 2002, 3862 incarcérations ont été
enregistrées (soit une augmentation de 20% par rapport à
2001).
La durée moyenne dincarcération,
en augmentation elle aussi, est actuellement de 2,6 mois. Mais lincarcération
ne se banalise pas, elle demeure le dernier recours lorsque toutes
les autres mesures ont échoué.
Il nous a été possible de visiter
les quartiers pour mineurs de plusieurs établissements pénitentiaires.
Nous y avons trouvé des conditions de vie bien différentes
selon les lieux mais, partout, nous avons rencontré des équipes
compétentes et impliquées (personnels de surveillance,
éducateurs, médecins, enseignants, travailleurs sociaux
).
Le traitement particulier réservé à lenfant
incarcéré devrait permettre de lui assurer lassistance
éducative nécessaire à sa propre réhabilitation.
Il convient de réfléchir sur limpact
et les conséquences de lenfermement pour le jeune détenu
ainsi que pour lensemble de ses proches.
Plus que jamais, durant lincarcération, le lien avec
la famille doit être maintenu et favorisé. Lenfant
ne doit pas se sentir abandonné mais au contraire soutenu
et aidé afin que, le temps de la sanction passé, il
puisse repartir avec un projet de vie authentique.
La mission de la Fondation pour lEnfance est
de prendre en compte le cas, très souvent méconnu,
des enfants incarcérés, . Il est de notre devoir,
à nous les adultes, de mettre tout en uvre pour éviter
les dérives dramatiques, conséquences inéluctables
de la criminalité des adolescents.
Nous devons tout tenter, tout essayer pour prévenir
cette escalade de la délinquance et donner aux enfants qui
relèvent malheureusement de cette logique, les soins dont
ils ont besoin.
Incarcérer un enfant reste une décision
grave sur laquelle la société doit sinterroger.
François
Iguenane
Directeur de la Fondation pour l'Enfance
Sommaire
de la Lettre n°38
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