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La Lettre de la Fondation pour l'Enfance - Lettre n°39 -

Et si nous étions tous nés prématurés de l’amour

Toute vie dans l’univers est rythmée par des cycles et la nature nous en donne à chaque instant les preuves.
Les êtres humains s’intègrent depuis leur conception et le début de leur vie amniotique, dans cette trame vibratoire en mouvement permanent, à laquelle ils impriment leur spécificité, les énergies de chacun élaborant l’ensemble. Le plan collectif et individuel inter-réagissant étroitement, les ouvertures ou les limitations de l’un reflètent précisément celles des membres de l’autre. C’est donc en prenant les problèmes non plus au niveau de leurs conséquences mais de leurs causes intimes et primales, les souffrances des humains à l’origine de leur existence, que nous pourrons enfin commencer à résoudre les impasses des mal-être sociaux et éviter l’impuissance de la santé publique face aux symptômes vidés de leurs sens.

Les neuf mois de la vie prénatale humaine requis par la physiologie pour amener à leur maturation les organes et leurs fonctions à partir d’une première cellule sont un bel exemple des cycles nécessaires pour réaliser un espace-temps favorable à la création de la perfection du bébé.

Les progrès récents de la Psychologie prénatale internationale apportent actuellement les preuves d’une véritable «biologie de l’amour», plaçant cette énergie au centre des besoins de l’être humain au début de sa vie, garantissant son équilibre psychique, affectif et somatique futur. Il est aujourd’hui prouvé que l’expression de l’amour parental, maternel en particulier et aussi paternel, ainsi que le type de lien développé durant la gestation, conditionnent le développement harmonieux du cerveau, tant au niveau de son architecture que de l’organisation de ses connections neuronales. En dépendront aussi les modes de sécrétions cérébrales des neuro-transmetteurs, l’aptitude ultérieure à ressentir la joie, l’amour des autres et de soi-même. L’équilibre harmonieux du fonctionnement du système neuro-végétatif et donc de tous les organes se construit aussi dans le ventre maternel et les causes de stress prénatal installent chez le fœtus, un type de réactions qui perdurera la vie durant. Il pourra faire le lit de problèmes cardio-vasculaires ultérieurs sévères, comme de nombre de maladies physiques et mentales.

Aidé de ce nouveau paradigme, nous passons en peu de décennies de la préhistoire psychologique aux temps modernes. La preuve d’une pensée fœtale à six mois et les conclusions des scientifiques à ce sujet représentent une véritable révolution : l’élaboration du cerveau et ses connections
neuronales étant loin d’être à maturation, d’autres modes de fonctionnement encore inconnus doivent être impliqués, scientifiquement reconnus même si non encore découverts.

Mes observations cliniques des adultes accompagnés par ma méthode de Thérapie de la vie intra-utérine en Sophro-analyse, les transformations de vie et de santé ainsi obtenues, confirment sur de larges séries, que tout se joue avant la naissance (1), particulièrement dans les premiers mois de gestation. Il ressort aussi qu’à des degrés divers, nous sommes tous nés «prématurés de l’amour». Les revécus de ces mémoires en simple état de relaxation non-hypnotique guidés dans un dialogue permanent, montrent que les manques de lien affectif parental par rapport aux besoins, de toucher et de communication directe par les mots, ont généralement imprégné les embryons et les fœtus durant les longs mois passés dans le ventre maternel. Cela les a amenés parfois à installer dès ce moment, des mécanismes de protection pour éviter d’en souffrir (ne plus penser, ressentir, voir, entendre…). Les causes en sont les nombreux vécus émotionnels des parents depuis l’annonce de la grossesse, véritables réactions en chaîne conscientes et inconscientes, particulièrement accentuées dans le contexte de l’arrivée proche d’un enfant. Elles réactivent à leur insu leurs propres mémoires depuis leur conception, répliquant aussi l’héritage généalogique transmis dans l’ADN, en même temps que le contenu de l’inconscient collectif.

J’ai pu répertorier les nombreuses subtilités des conséquences psycho-émotionnelles immédiates des situations génératrices de manques depuis la conception à la naissance (2), racines ultérieures de mal-être ou de maladies. Pour chacune, des «questions-clefs» spécifiques ont permis à un grand nombre de se libérer en installant une nouvelle compréhension teintée de réconciliation. Ainsi, avoir vécu un non-désir, une préférence pour l’autre sexe que le sien, un deuil de la grossesse, particulièrement s’il s’agit d’un proche de la maman, laisse de lourdes répercussions ultérieures. De même qu’être conçu après la mort d’un bébé de la généalogie ou des avortements spontanés ou provoqués, voire en remplacement d’un autre enfant. Avoir perçu d’importants conflits dans le couple ou dans l’entourage, des pensées de remettre en cause le déroulement de la gestation ou vécu des tentatives d'interruption de grossesse échouées entraînera, comme pour les précédents, de multiples difficultés, perdurant dans le temps, quelle que soit l’évolution ultérieure des relations à l’enfant.

Mes recherches m’ont aussi amenée à objectiver une cause majeure de «prématurité de l’amour» dont la fréquence est très largement sous-estimée : les pertes gémellaires précoces (3). Généralement passées inaperçues de la maman et non diagnostiquées par la médecine, dans les premières semaines de gestation, elles ont été découvertes dans de nombreuses thérapies. Il est prouvé par des études médicales de référence qu’au moins vingt pour cent des grossesses physiologiques sont initialement gémellaires puis interrompues, une grande partie de la
population étant concernée sans le savoir. Si cette information reste encore réservée à un réseau de spécialistes, c’est probablement par méconnaissance des conséquences omniprésentes ou par peur d’inquiéter le public. Et pourtant cette fréquente situation de perte ignorée pourrait expliquer une partie des problèmes de l’humanité, de ses dualités et de ses dilemmes. En effet, la rupture brutale et inattendue d’une telle symbiose primale, génère chez le survivant une intense solitude doublée d’une profonde tristesse de la perte du lien d’amour. Des sentiments d’injustice et d’impuissance par rapport aux autres et à l’existence s’associent à des peurs et à des culpabilités de vivre souvent liées à la croyance d’être responsable. Pensant ne pouvoir compter sur les autres, le survivant décide de se débrouiller seul, de toujours se surpasser pour justifier sa victoire héroïque sur la mort, tout en ayant l’impression profonde de ne pas en être digne ou capable. L’impossibilité de créer des liens amoureux ou amicaux durables, le ressenti d’incomplétude corporelle et de ressources, l’impossibilité et l’interdit d’utiliser fluidement sa puissance, viennent enfermer encore plus l’être qui porte ce terrible secret dans la honte et la dévalorisation. Il s’empêche d’être heureux, dans la réussite ou la bonne santé. La Sophro-analyse permet de véritablement revivre sur tous les plans en mettant en lumière ces mémoires cachées pour en réaliser enfin le deuil.

Dans tous ces cas, le moment de la naissance, porteur de nombreuses situations émotionnelles spécifiques, amènera encore au bébé un renforcement de toutes ses émotions, en le confrontant au projet de plonger dans un monde extérieur lui étant souvent déjà apparu hostile. Son aptitude aux prises de décisions et aux actions s’en trouvera limitée.

Ressentant tantôt l’harmonie, tantôt la dissonance, le bébé dès la phase embryonnaire, réagit en fonction des impressions et des interprétations émotionnelles qu’il fait des événements. Ses croyances l’amèneront à décider in utero son scénario de vie et ses mécanismes de survie. Dans la peur voire la terreur d’un danger vital qu’il croit réel, il reste passif ou s’inscrit dans la violence. Soumis ou rebelle, dominé ou dominant, victime, sauveteur, agresseur psychologique ou physique des autres, il porte en fait une grande détresse, une dévalorisation et un manque d‘amour de lui-même. Cette maltraitance extérieure qu’il subira ou fera subir, n’est que le reflet de celle qu’il s’inflige intérieurement, le guidant au fond à être le premier bourreau de lui-même, par son auto-punition.

À la lumière de ces connaissances, des programmes d’informations du public et des professionnels ont besoin d’être renforcés afin que se généralisent l’accompagnement psychologique dès le début de la gestation et une nouvelle étape urgente de prévention : la préparation pré-conceptionnelle des futurs parents. Rechercher dans les mémoires de la vie intra-utérine les causes primales des mal de vivre et les maladies survenant à tout âge a besoin de devenir habituel. Ainsi nombreux seront ceux qui pourront éviter la prématurité affective ou en guérir les séquelles pour construire enfin des rapports harmonieux avec les autres. C’est le challenge de ce début de siècle pour accéder à plus d’égalité des chances dès le début de la vie.

Docteur Claude Imbert

Bibliographie :
(1) «L’avenir se joue avant la naissance»
Dr C. Imbert. Editions Visualisation Holistique.
(2) «Guérir les secrets de vos mémoires d’embryon»
Dr C. Imbert. Editions Visualisation Holistique.
(3) «Un seul être vous manque ? Et si vous aviez perdu un jumeau sans le savoir ?»
Dr C. Imbert. Editions Visualisation Holistique. (à paraître)


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