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La Lettre de la Fondation pour l'Enfance - Lettre n°49

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L’enfant violent ?

 

Les enfants d’aujourd’hui sont-ils plus violents que ceux des générations précédentes ? Faute d’études rétrospectives, il est difficile d’apporter une réponse claire à cette question.

On parle beaucoup en ce moment de la violence que manifestent de très jeunes enfants, dès l’école ou même à la crèche. Ces enfants expriment une violence verbale, physique sans que la présence de l’adulte ne soit dissuasive.

Les parents ou les professionnels confrontés à de telles manifestations sont désemparés, ne sachant s’il convient de sévir ou de s’imposer par le calme.

La répétition de tels comportements est bien le signe d’une souffrance de l’enfant. Cherchant à attirer l’attention, il tente de dire ainsi ce qu’il n’arrive pas à exprimer autrement, dans une communication confiante avec les adultes, et, bien souvent, en premier lieu, avec sa famille. C’est pourquoi les parents demandent l’aide de pédopsychiatres, de psychologues afin de décrypter ces attitudes et peut-être ainsi de se rassurer.

Mais c’est toute notre société qui se sent concernée et cherche à comprendre quelle est sa part de responsabilité devant la violence des jeunes enfants.

Faut-il s’en inquiéter au point de faire bénéficier ces enfants d’un suivi particulier, par crainte de troubles plus graves qu’ils manifestent en grandissant ?

Le débat est ouvert sur le thème de la prévention précoce, ou plutôt sur le sens à lui donner. Entre la banalisation et la dramatisation, c’est la situation de chaque enfant, dans sa famille, qu’il convient de prendre en compte. C’est grâce à une collaboration construite entre les institutions (l’école, les services sociaux, la pédopsychiatrie…) et par une relation de confiance établie, dans tous les cas où elle est possible, entre les professionnels et la famille que nous trouverons les moyens les plus adéquats pour répondre à la violence des jeunes enfants.

Il s’agit aussi de travailler en périphériedu recueil de la parole et d’élargir ainsile champ de la recherche de la preuve.Par-delà les déclarations du mineur, lesfaits doivent être recoupés, vérifiés,avec une rigueur d’autant plus grandeque, selon l’âge de la victime, sesvaleurs de référence sur le temps, surla réalité, ses repères sont en décalagepar rapport à ceux des adultes.

Il serait en tout état de cause aussidéraisonnable de prétendre que l’enfantdit toujours la vérité, et donc de sacralisersa parole, que d’affirmer de façonpéremptoire qu’il ment en permanenceet de ne vouloir dès lors, accorderaucune fiabilité à son témoignage. Si laparole doit être déclenchante, engageante,ne serait-ce que parce qu’elleconstitue l’expression d’une souffranceà laquelle nous avons le devoir de nousintéresser, elle doit néanmoins êtreconsidérée pour ce qu’elle représente, àsavoir, un acte de l’enquête parmi tousles autres.

L’enfant ne doit, en effet, pas avoir àsubir tout un processus de judiciarisation alors qu’il ne s’est en fait jamais rienpassé-, par le seul fait qu’il a été manipuléou parce que sa parole a étésuscitée ou relayée par des adultes ;c’est alors, non seulement sa vie, maiségalement celles de personnes innocentesqui sont brisées, victimes directes ouvictimes de dommages collatéraux.

Bien évaluer pour bien protéger, c’estl’immense responsabilité dont ont lacharge, aussi bien les magistrats, lespoliciers et les gendarmes, que lesexperts ou les professionnels du travailsocial.

Catherine HESSE-GERMAIN 
Directrice générale adjointe
Pôle Solidarités
Conseil Général des Hauts-de-Seine
Administrateur de la
Fondation pour l’Enfance

Sommaire de la Lettre n°49

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