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La Lettre de la Fondation pour l'Enfance - Lettre n°49

Compte-rendu colloque “Le jeune enfant violent”


Le 24 Mars s’est tenu sous l’égide de la Fondation pour l’Enfance, un colloque sur le thème très actuel de la violence du jeune enfant.
En deça, en effet, de la violence adolescente, explosive et largement étudiée sous tous ses aspects sociologiques, éducatifs et cliniques, les questionnements se recentrent sur les formes précoces de la violence, au point d’en faire l’objet d’un récent rapport de l’INSERM préconisant une sorte de «dépistage systématique» des comportements violents dès l’âge de 3 ans.


Les orateurs se montrèrent communément attachés à l’idée que «la violence» n’est pas seulement affaire de symptômes, mais surtout d’une dynamique interne, de processus particuliers dans la construction de soi. Ainsi, si l’agressivité du jeune enfant a toute sa place dans la construction de l’individu en relation avec le monde, la violence découle de processus plus pathologiques, témoignant de difficultés identitaires (Dr Catherine Rigaud ; Dr Maurice Berger). En ce sens, les processus violents n’ont pas d’âge chronologique : ils sont plus observables, plus explicites dans leur expression adolescente, mais se construisent et s’expriment dès 18 mois (Dr Maurice Berger, Dr André Carel).

La genèse de la dynamique interne violente fut rapportée principalement à des troubles de l’interaction entre le bébé et son environnement primaire. Au delà de l’enfant physiquement maltraité et violenté, le nourrisson développe une dynamique interne violente en réponse à différents types et degrés de défaillance parentale, dont le pilier central semble être le déni du statut de sujet du bébé. Des exemples cliniques de «violence installée» furent amenés (Dr Catherine Rigaud, Dr Maurice Berger) ; le Dr André Carel insista quant à lui sur les déviances du processus d’autorité dans la relation du parent au bébé, l’altération du sens des limites et la violation de l’intimité psychique.


Du côté de la prise en charge précoce de ces situations, fut explicité de la part du Dr André Carel le cadre d’extrême rigueur et exigence du travail thérapeutique à domicile.

Cette rigueur et ce sérieux dans l’élaboration et l’évaluation des dispositifs de soin et d’accompagnement furent également mis en relief par l’intervention de Marie-Blanche.Lacroix, présentant un modèle de prise en charge en crèche centré sur l’approche de la problématique violente chez le petit enfant. Régine Calazel apporta des exemples concrets de la manière dont un espace crèche peut se révéler contenant, limitant parfois, mais aussi porteur de sens, Isabelle Monmayrant présenta l’application du même champ de réflexion au lieu scolaire, donnant à tous l’envie de retourner en maternelle !

Enfin, Maguy Monmayrant décrivit le suivi thérapeutique d’une jeune «tigresse» ; l’évolution favorable de cette jeune fille fit suite à l’expression dans sa violence d’une souffrance et d’une violence du groupe familial.

L’ensemble du colloque tendit à confirmer que la violence du jeune enfant n’est pas qu’une affaire de repérage symptômatique, de «grilles» comportementales. La dynamique du sujet en devenir y est centrale. La prise en charge de ces situations nécessite investissement, continuité et rigueur.

   Les actes de ce colloque seront disponibles
   au cours du 2ème semestre 2006.
   Prix : 12 € (frais de port compris)
   Règlement par chèque à l’ordre de la Fondation
   pour l’Enfance et adressé à l’attention de :
   Anne-Sophie Vinel
   Fondation pour l’Enfance
   17 rue Castagnary - 75015 Paris



Dr Catherine Rigaud

Psychiatre, pédopsychiatre, psychanalyste


Sommaire de la Lettre n°49

Contact : info@fondation-enfance.org
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