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La Lettre de la Fondation pour l'Enfance - Lettre n°50

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Parentalité(s)

 

La famille se situe haut dans les valeurs de notre société. Cependant, elle s’est profondément transformée. L’évolution des relations de couple, l’avènement de l’enfant du “désir d’enfant” ont mis en relief la place nouvelle de l’enfant dans la famille et la relation parents-enfants, jusquelà établie selon les règles du Code Civil (art 371- 1) relatives à l’autorité parentale. Celle-ci a été plusieurs fois adaptée par le législateur pour prendre en compte la fragilité du lien de conjugalité, l’égalité des deux parents et ordonner leurs droits et devoirs à l’intérêt de l’enfant.

De fait, la relation entre l’enfant et ses parents s’aborde plus souvent non comme un attribut de l’adulte ou des adultes, mais comme une “fonction” sociétale : la fonction parentale, exercée dans l’intérêt de l’enfant, conjointement par ses parents, même séparés, liés l’un à l’autre pour ce faire par l’engagement qu’ils ont pris ensemble à son égard en le faisant venir au monde ; du moins en théorie. Dans la pratique des couples, c’est nettement moins facile…

Pour évoquer cette fonction, on a créé le néologisme de “parentalité”, exprimant l’exercice même de cette fonction, ses modalités, son contenu et sa finalité éducatifs, les conditions qui la favorisent, les relations d’affection, de tendresse, de confiance, d’amour qui s’y tissent entre l’enfant qui en est le centre et l’objet et les adultes qui l’exercent à son profit… On peut alors, en la dissociant de ses fondements, l’observer, en évaluer la qualité. On peut en condamner les insuffisances ou chercher à la soutenir et créer des services ou des aides à cette fin, en former les acteurs afin de renforcer leurs compétences etc…




Les REAAP (Réseaux d’Ecoute d’Appui et d’Accompagnement des Parents) en témoignent…

On peut aussi utiliser ce terme pour évoquer la situation d’adulte vivant avec un enfant et amené à exercer certaines composantes de cette fonction : entretien, responsabilités éducatives, relations affectives… assurant auprès de lui un rôle parental.

Mais cette approche fonctionnaliste, si elle permet de résoudre certaines interrogations sur la place des adultes, conjoint ou compagnon/compagne d’un parent de l’enfant, de sexe différent ou de même sexe que celui-ci (on parle de “beauparentalité”, “d’homoparentalité”…), occulte cependant une réalité qui, seule, fait sens : le fondement de l’autorité parentale et des fonctions qui la déclinent n’est pas l’intérêt de l’enfant, même si celui-ci en est la finalité,mais le fait d’être parent de cet enfant.

L’auctoritas, c’est le droit de l’auteur. Autrement dit, l’autorité parentale, c’est l’ensemble des droits et devoirs des auteurs de l’enfant. Là seulement se fonde la légitimité de la fonction. Les enfants élevés par d’autres que leurs “auteurs” le manifestent obscurément dans la quête de leurs origines.

L’exercice de la fonction parentale, ou parentalité, quand bien même elle est pratiquée de façon disjointe par des parents séparés, quand bien même aujourd’hui, elle se partage avec d’autres intervenants, l’Etat et ses services,l’appareil scolaire, les media, les églises..., qui tous participent de cette action de “parentage” ou parenting comme disent les anglo-saxons, doit sans cesse être rapporté à ce qui est à l’origine, la paternité et la maternité dont elle procède et qu’elle ne fait que manifester ou parfois, en cas de besoin, suppléer. C’est ainsi qu’elle trouve son sens et sa justification.

Chantal LEBATARD
Administrateur de l’Unaf
Administrateur de la
Fondation pour l’Enfance

Sommaire de la Lettre n°50

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