La Fondation

Actualité

Aider la Fondation

Colloques et Formations

SOS Enfants Disparus

Centre de documentation

Publications
Lettre d'information
Ouvrages disponibles
Guide

Soutien et Prix

L'annuaire

Nous contacter

 
Publications
La Lettre de la Fondation pour l'Enfance - Lettre n°52

EDITO

Les métiers de l’enfance :
des professionnels aux risques de l’usure

 

Usure : “détérioration que produit l’usage ! Affaiblissement, amoindrissement” nous dit le Petit Larousse.

C’est-à-dire qu’il indique à la fois, la cause - l’usage - et les conséquences - l’affaiblissement ! Reste à rechercher les moyens de prévenir cette usure ou de la prendre en compte ! C’est-à-dire pour cela, comprendre en quoi les professionnels de l’enfance ont des métiers plus usants que les autres métiers ?

Comprendre les causes profondes de cette usure est donc le préalable indispensable pour la combattre. Cela n’apparaît pas encore comme une évidence. Ni pour tous les professionnels eux-mêmes, ni pour toutes leurs institutions employeurs !
Qu’ont donc en commun ces travailleurs sociaux, magisrats, éducateurs, puéricultrices, médecins …. ? Tous à un moment donné, ont à entrer dans ces histoires de familles, dans cette intimité, faite de ces
sentiments violents qui percutent les professionnels.

Et à voir ! A observer ! A évaluer ! A signaler ! A juger ! A soigner ! A éduquer ! En faisant parfois alliance avec les parents, parfois avec l’enfant et parfois en agissant contre leur volonté, dans leur intérêt !

Rentrer dans ces histoires de haine et d’amour est une épreuve pour chacun. Non seulement parce que sa responsabilité est lourdement engagée, mais parce que chaque professionnel est aussi une personne, qui a eu une famille et qui a été un enfant, l’enfant qu’il reste inconsciemment au fond de lui ! Ce qui implique que chacun de ces professionnels est différent de son collègue en dépit des formations ou des codes de déontologie communs. Leurs réactions émotionnelles sont aussi différentes que leurs histoires personnelles et familiales, lorsqu’ils interviennent dans ces familles qui mettent leurs enfants en danger ! Et cela fait souffrir car ils ont en permanence un doublelangage non décrypté : celui d’aujourd’hui et celui de leur passé !

Les effets de cette souffrance non identifiée, non exprimée donc non soutenue, sont nombreux. Parmi ceux-ci l’usure avec son cortège : le désinvestissement, la somatisation, le doute, le déni… mais aussi l’isolement.

Isolement au sein de l’équipe et isolement des institutions entre elles. Puis très vite la disqualification mutuelle.

Pourtant, l’analyse des causes de cette usure est engagée, des solutions sont recherchées
et se mettent en place, ici ou là. Cette Lettre en atteste. Ainsi : Jean-Marc Suzzarini, psychologue, décrit ce que la supervision pourrait apporter dans les établissements qui accueillent les enfants séparés.

Laurence Delarbre, juge des enfants, souligne les doutes et les limites de la fonction du juge, tout en notant bien qu’il doit connaître “les représentations familiales auxquelles il est le plus sensible”.

Véronique Guillaut-Saumur, chargée de mission à la Fondation d’Auteuil, décrit bien la mise en place d’un espace où le professionnel peut “oser une parole sans être jugé” afin de mettre “des mots sur les maux” et les souffrances des professionnels.

Enfin dans l’interview que le Ministre Philippe Bas a bien voulu donner, s’appuyant sur le projet de loi qui porte sur la réforme de la protection de l’enfance, il reconnaît bien la difficulté spécifique de ces métiers de l’enfance et montre en quoi les modifications à venir, permettront de “croiser les regards”,
“reprendre souffle”, “prendre du recul”…

La Journée du 29 janvier organisée par la Fondation pour l’Enfance, y contribue pour sa part ! Le chantier est ouvert !

Marceline GABEL
Chargée de cours à l’Université
Paris X-Nanterre


Sommaire de la Lettre n°52

Contact : info@fondation-enfance.org
© 2006 Fondation pour l'Enfance, 17 rue Castagnary - 75015 Paris