La Fondation

Actualité

Aider la Fondation

Colloques et Formations

SOS Enfants Disparus

Centre de documentation

Publications
Lettre d'information
Ouvrages disponibles
Guide

Soutien et Prix

L'annuaire

Nous contacter

 
Publications
La Lettre de la Fondation pour l'Enfance - Lettre n°53

Dossier

Sommaire de la Lettre n°53

Enlèvements parentaux : un traumatisme pour l'enfant

Parler des enlèvements parentaux, c'est aussi lutter contre un préjugé : celui qui voudrait que l'enfant ne soit pas en danger. La maltraitance physique ne représente pas la seule forme de danger dont peut être victime l'enfant. La maltraitance psychologique laisse des traces indélébiles qui s'intègrent dans la construction de sa personnalité et elle est présente dans TOUS les cas d'enlèvements parentaux, que celui qui en est l'auteur le reconnaisse ou pas. Rares sont ceux qui en prennent conscience. Comme les parents auteurs de maltraitances physiques, ils se murent dans le déni et y entraîne l'enfant.

Pour recueillir le soutien de son environnement social, celui de l'enfant et légitimer son acte, le parent délictueux affirme en général qu'il l'a sauvé d'un danger manifeste (abus sexuel, maltraitance, violence, alcoolisme de l'autre, etc.). Quelle que soit la raison invoquée, il se pose toujours en victime de l'autre et l'enfant, dans son désir de le protéger, ne perçoit pas qu'il est manipulé. Comment pourrait-il seulement l'imaginer ? Il va ainsi enfermer l'enfant dans un lien de dépendance et de fidélité à son égard. Cet "emprisonnement" générera de la culpabilité chez l'enfant et une interdiction qu'il s'imposera d'évoquer le parent "interdit", d'y penser ou de le désirer pour éviter d'être confronté à un conflit avec l'autre parent. Il ne veut pas prendre le risque de se sentir abandonné et de perdre son amour. Il va donc mettre ses sentiments, si dangereux pour lui, à distance et sera amené à soutenir inconditionnellement le parent qui l'a enlevé.

Au traumatisme de l'enlèvement, de la privation de ses repères et de son entourage social habituel s'ajoute celui de cette "prise d'otage" qui n'est pas sans risque pour l'enfant et dont les conséquences seront fonction de son âge et du temps passé dans cette situation.

Le "choix" que fait l'enfant de soutenir ce parent a deux conséquences : "la première est de faire vivre l'enfant dans une totale illusion, la seconde est de le couper à terme d'une partie de sa généalogie. L'illusion est, en effet, celle d'un amour qui serait fondé sur un total dévouement, une totale oblativité, alors qu'il remplit en fait les besoins narcissiques d'un adulte qui l'exploite. Il est aimé, certes, mais il n'est pas aimé en tant que sujet, il est aimé en tant que miroir de l'autre. Que peut-il attendre d'un tel amour pour l'aider à grandir et à enrichir sa vie par des relations avec d'autres êtres humains ?"

D'autres conséquences ont été cernées chez l'enfant telles que la confusion systématique de la perception de soi et d'autrui, ou encore l'aliénation de soi. "L'enfant a en effet appris à se méfier de ses propres sentiments et de ses perceptions. Il perd le sentiment de la réalité et ses propres limites. Son identité est profondément ébranlée, elle devient indécise et fragile. La conséquence en est une estimation négative de soi, un manque de conscience de soi et une profonde insécurité" indique W. Von BOCH-GALAU.

Donald WOODS WINNICOTT a mis en lumière ce qu'il a nommé le faux-self qui s'origine d'un amour parental conditionnel où la soumission du sujet lui autorise le privilège d'être apprécié et aimé. Cette absence de gratuité engendre la complaisance, l'assujettissement et donne une qualité contractuelle aux liens avec l'objet. Il devient impératif pour le sujet de "faire pour être" non seulement afin d'assurer la sauvegarde de ses liens avec l'objet, mais également afin de maintenir l'équilibre de son narcissisme. Le faux-self fonctionne comme protection contre l'angoisse et les agressions mais est aussi révélateur d'un déséquilibre profond. Le vrai "self" représente par opposition la part vivante, spontanée, inventive de l'individu.

Les spécialistes de la santé mentale, toutes nationalités confondues, s'accordent à dire que l'impact négatif de ces situations sur le développement des enfants sont de l'ordre de : o risque accru de maladies psychiques ou psychosomatiques,

  • perception de la réalité problématique pour l'enfant qui ne fait plus confiance en sa propre perception des choses,
  • effondrement de la confiance en soi,
  • problèmes relationnels et de vie de couple ultérieure (liés à la conception du rôle, du concept d'identité et du concept du contact affectif et du comportement relationnel),
  • tendances anti-sociales pouvant aller jusqu'à la délinquance et à la criminalité (le concept d'altérité et le cadre de la loi ne sont pas intégrés chez l'enfant entraînant des attitudes antisociales),
  • identité sexuelle de l'enfant devenue fragile,
  • conduites "à risques", c'est-à-dire toxicomanie ou propension à avoir des accidents de toute nature nettement plus élevée que dans la population générale, risque accru de suicide,
  • développement parfois d'une personnalité "border-line",
  • expériences sexuelles faites plus jeunes que la moyenne nationale.

La confiscation d'un enfant par un parent à l'autre, à travers l'enlèvement parental, n'est donc pas une peccadille. C'est un abus de pouvoir d'un adulte sur l'enfant dont les conséquences sur son développement sont lourdes si la situation perdure. C'est pourquoi il est si important que sa situation quo ante soit rapidement rétablie et que le délai d'applications des conventions soir respecté car chaque jour qui passe est au dépend de l'enfant et de son devenir.

Pascale Limarola
Présidente de l'Association

SOS Enlèvements Internationaux d'Enfants
Association régie par la loi du 1er juillet 1901
7 rue des Fougères - 95560 MAFFLIERS
Téléphone/Fax: 05 56 38 97 07
Mail: contact@seie.org ou www.seie.org

Sommaire de la Lettre n°53

Contact : info@fondation-enfance.org
© 2006 Fondation pour l'Enfance, 17 rue Castagnary - 75015 Paris