Les départements et l’accueil des enfants à protéger.
Les Départements sont en charge de l’organisation
de l’accueil de l’enfant hors du
domicile parental dès lors qu’il leur est
confié par l’autorité judiciaire ou par les
parents eux-mêmes.
Les Départements ont également pour mission
de recenser les besoins des enfants en
terme d’accueil, d’agréer et de contrôler
les structures d’accueil (placements familiaux,
foyers) et de financer ces structures.
La première mission consiste à accueillir
l’enfant dans le cadre d’un projet individuel
de l’enfant respectueux de ses
besoins, de ses compétences, de
celles de sa famille. La réforme
de la protection de l’enfance
prévoit une diversification des
modes de prise en charge et donc
un fractionnement possible des
temps d’accueil. Il appartiendra
aux services des Conseils généraux
de garantir face à ces modalités
diversifiées, une stabilité
affective et éducative à l’enfant.
Le projet individuel d’accueil de
l’enfant nécessite également
que les services des Conseils généraux aient
la capacité et la compétence pour correctement
évaluer la situation familiale en
terme de danger mais aussi de compétence
de la famille pour proposer un projet de vie
de l’enfant adapté. La nouvelle loi permet
d’organiser des accueils à long terme, au-delà
de 2 ans, sans nouvelle décision judiciaire dès
lors que les carences parentales interdisent
un retour à moyen terme en famille. La question
de l’évaluation pertinente et permanente
des situations à partir de référentiels partagés,
va donc devenir prégnante pour les services
départementaux et l’autorité judiciaire.
La mission d’accueil correspond à une mise
à l’abri d’un enfant en danger. La nouvelle
loi risque de retarder cette protection. En
effet, même dans les situations de danger
grave et immédiat, le Président du Conseil
Général ne pourra saisir l’autorité judiciaire
qu’en apportant la preuve que la protection
de l’enfant ne peut être obtenue par la mise
en oeuvre de mesures administratives, en
accord avec les parents.
Cette disposition fait peser sur les départements
une responsabilité accrue dans la
gestion de ces situations particulièrement
dangereuses et fait courir aux
enfants en danger un risque
significatif.
Enfin, les Départements vont
devoir construire une palette de
réponses de plus en plus “sophistiquées”,
accueils séquentiels,
visites médiatisées, accueil de
fratries, etc…
Ceci nécessitera des efforts
budgétaires importants dans un
contexte de transfert de charge
important, pénalisant déjà les
finances locales. Par ailleurs,
l’absence de normes nationales relatives
aux ratios d’encadrement des enfants, ou à
la qualification des personnels ne permet
pas de garantir le même niveau de prestations
d’accueil sur l’ensemble du territoire
national.
L’innovation dans les modes d’accueil s’envisage
donc dans un contexte tendu et ne
peut se concevoir qu’en réponse aux besoins
de l’enfant dans une démarche constante
d’évaluation de la pertinence de nos actions.