La Fondation

Colloques et Formations

Centre de documentation

L'annuaire

Publications

Soutien et Prix
Soutien des actions de terrain
Les Prix décernés

Actualité

SOS
Enfants Disparus

Aider la Fondation
Soutien et Prix de la Fondation
Le Prix Scientifique 2003
avec le soutien de Sanofi-Synthelabo France

Retour aux PrixScientifiques 2003 de la Fondation

Prix Scientifique

1er Prix décerné à :

Christine BELLAS CABANE
Problématique actuelle de l'excision au Mali : du rite initiatique au fer de lance identitaire. L'excision au Mali ou " comprendre pour prévenir "

Malgré les efforts répétés de nombreuses associations et ONG, la pratique de l'excision perdure au Mali (90 % des filles sont encore excisées). En France, dans les familles de migrants, le problème reste entier. Malgré la pénalisation, les Maliens n'arrivent pas à transgresser la loi dictée par leur société d'origine au profit de celle du pays d'accueil.

Devant cet état de fait, il convient de se poser plusieurs questions : Quelles sont les raisons de la pérennisation de cette pratique dans le Mali du XXIème siècle ? Quel sens lui attribue t-on dans les différents milieux qui composent la société malienne actuelle ? Pourquoi cet impossible dialogue entre les opposants et les partisans de l'excision ? A partir de l'analyse de discours recueillis au cours d'une enquête anthropologique auprès de plusieurs acteurs de terrain : juristes, soignants, exciseuses et femmes d'origine diverse, ce questionnement a permis de faire émerger un ensemble d'éléments de réponses en rapport avec la conception de l'enfant dans la société malienne, sa place, son éducation et sa protection.

Symbole du clivage, " de la coupure " entre deux sociétés : traditionnelle africaine et occidentale actuelle fondées sur des systèmes de pensée antagoniques, le sens attribué à l'excision s'est progressivement transformé. La fonction de rite initiatique a disparu et l'excision a été surinvestie en marqueur identitaire majeur dont peu de Maliens, même convaincus des conséquences néfastes osent " priver " leurs enfants par crainte de les marginaliser.

En tentant de rompre avec la polémique nourrie de l'affrontement des cultures, peu propice à l'avancée du problème, ce travail de recherche s'est attaché à mettre en lumière les valeurs qui sous tendent les logiques des sociétés étudiées, de replacer les comportements dans leur contexte, afin de désamorcer les simplifications, les jugements hâtifs et les défenses réactionnelles dans le but de relancer un dialogue, préalable indispensable à toute démarche de prévention.

Au terme de l'analyse, un autre système de pensée s'est dégagé, celui de la société malienne en mutation, porteur de changement à l'instar de l'évolution des représentations et des systèmes de valeurs qui ne sont figés sous aucune latitude, pas plus dans la société malienne que dans une autre. Certains de ces éléments, témoins d'une dynamique interne au pays, donc plus recevables, pourraient être utilement réinvestis dans la prévention de l'excision. Résolue à déjouer les pièges de l'ethnocentrisme et ceux du culturalisme, cette démarche tente une nouvelle voie dans la lutte contre l'excision : comprendre pour prévenir avec les forces de changement propres aux pays concernés.


Retour aux PrixScientifiques 2003 de la Fondation

Contact : info@fondation-enfance.org
© 2006 Fondation pour l'Enfance, 17 rue Castagnary - 75015 Paris