Mon enfant a des troubles alimentaires (anorexie, boulimie)

Votre situation

Vous avez remarqué des troubles alimentaires évidents chez votre enfant ? Les repas deviennent une vraie source de conflits ? Votre enfant maigrit ou grossit à vue d’œil ? Vous ne savez plus comment réagir ni face à ses comportements ni face à des caprices ? Votre enfant souffre peut-être de troubles alimentaires.

Cette fiche vous apportera des réponses et vous présentera les différents types de troubles. Vous serez également redirigé(e) vers des spécialistes et des associations qui pourront vous aider, votre enfant et vous.

Comment être sûr(e) que mon enfant souffre de troubles alimentaires ?

Ces troubles alimentaires relèvent de différents facteurs, notamment psychologiques. Calculer l’indice de masse corporelle de votre enfant pourra vous aider à confirmer un état d’anorexie, de boulimie ou de surpoids, voire d’obésité. Il vous suffit de diviser le poids de votre enfant en kilogrammes par sa taille en mètre carré. Un(e) enfant dont l’IMC est inférieur à 16 est en état de sous poids, voire de dénutrition. Alors qu’un(e) enfant avec un IMC situé entre 25 et 30 est en surpoids ou tend vers l’obésité.

L’anorexie

Depuis quelques temps, votre enfant se restreint drastiquement dans sa consommation alimentaire, il/elle perd du poids à vue d’œil, compte sans cesse les calories dans ses aliments, manifeste une hantise de grossir et va jusqu’à se faire vomir, même occasionnellement. Votre enfant souffre peut-être d’anorexie. Ce trouble alimentaire est une des manifestations de la dépression chez l’enfant.

Dans 95 % des cas, l’anorexie concerne les filles mais les garçons aussi peuvent témoigner d’une volonté de contrôler leur poids, de suivre un régime en écartant divers aliments qu’ils commencent à juger répugnants. L’hyperactivité physique soudaine associée à ces obsessions autour du poids et des calories est également un signe d’anorexie chez les filles comme chez les garçons. Le culte de la minceur, ancré dans notre société, peut contribuer à développer cette obsession.

Il existe deux formes d’anorexie :

  • L’anorexie « tout court » se caractérise par une perte d’appétit chez l’enfant, il/elle ne ressent plus la faim.
  • L’anorexie mentale, quant à elle, se traduit par une perte d’appétit ainsi qu’une lutte acharnée contre la faim.

Dans les deux cas, c’est une maladie grave qui peut devenir chronique.

La boulimie

Contrairement à l’anorexie, la boulimie se traduit par un besoin irréfrénable de manger constamment des quantités importantes de nourriture, jusqu’à faire des « crises de gavage ».

Un enfant boulimique va se jeter sur la nourriture à tout moment de la journée de manière impulsive et ingurgiter des quantités d’aliments avec excès. Ces crises peuvent conduire à des malaises physiques et psychologiques, qui vont pousser votre enfant à se faire vomir. Ces crises peuvent se manifester de différentes manières : votre enfant se sent coupable, a mal au ventre, à la tête, peut faire subitement une crise d’angoisse…

La boulimie est un trouble alimentaire grave qui est en augmentation depuis une vingtaine d’années chez les enfants de moins de 15 ans. Ce trouble peut avoir des effets sur la vie intellectuelle et sociale de votre enfant en laissant apparaître des addictions nouvelles (achats compulsifs, jeux d’argent, drogues, alcool, etc.).

Que faire si mon enfant souffre d’anorexie ?

Tout d’abord, sachez que c’est une maladie assez complexe qui ne peut pas être caractérisée par de « simples » refus occasionnels de nourriture pour être diagnostiquée.

Restez calme et compréhensif(ve) envers votre enfant

Le/la gronder ou lui faire des reproches parce qu’il/elle ne se nourrit plus et maigrit considérablement ne vous aidera pas à regagner sa confiance et à le/la rassurer. Essayez plutôt de lui expliquer calmement les graves conséquences de ces troubles alimentaires sur sa santé.

Montrez-lui que vous l’aimez, tranquillisez votre enfant en lui rappelant que ses parents l’aiment, qu’ils seront toujours là pour l’écouter et s’occuper de lui/elle. Cela peut vous sembler évident mais c’est important de le rappeler à votre enfant si vous pensez qu’il/elle souffre d’anorexie.

Ne vous dites surtout pas que ça lui passera et que votre enfant trouvera une solution tout(e) seul(e)

C’est dans ces moments que votre enfant a le plus besoin de vous ! Soyez présent(e), essayez de l’apaiser, de passer des moments privilégiés avec lui/elle. Dites-lui qu’il/elle n’est pas responsable de sa maladie et que ce ne sera qu’un état passager parce que vous allez l’accompagner pour qu’il/elle se sente mieux dans sa peau. Dans certains cas, l’enfant n’est pas conscient(e) de sa maladie ou va nier ce trouble alimentaire. Ne cherchez pas à contredire votre enfant coûte que coûte, sans pour autant aller constamment dans son sens. Soyez ferme mais montrez-lui que vous êtes présent(e) à ses côtés.

Penser que votre enfant aura un « déclic » par lui/elle-même est une erreur

L’anorexie est une maladie qui va transformer le quotidien de votre enfant, la perception qu’il/elle a de son corps et de son environnement. Le changement n’arrivera pas sur un coup de tête ou par magie. Aidez votre enfant à retrouver ses repères, accompagnez-le/la. Soyez calme mais ferme quand vous lui parlez. Dites non quand cela vous semble nécessaire et posez des limites claires sans le/la forcer pour autant.

Cuisinez vous-même les plats de votre enfant

Ne laissez pas votre enfant cuisiner, même s’il/elle souhaite surveiller les quantités, la teneur en calories des aliments choisis pour chaque repas. Faites-lui comprendre que tant que votre enfant ne sera pas guéri(e), votre enfant ne décidera ni des menus ni de cuisiner. Vous serez seul(e) à décider des menus et de leur préparation (en faisant attention à ne pas lui imposer des aliments qu’il/elle n’a jamais aimé, même avant l’apparition de son trouble).

Elaborez des menus équilibrés pour vos repas avec votre enfant

Faites votre maximum pour préparer des plats sains et variés. Privilégiez les légumes et les fruits. Pensez à assaisonner, mettre des épices, préparer une petite sauce à côté pour donner envie à votre enfant de manger abondamment ces plats et pour qu’il/elle soit calé(e) après chaque repas. Faites-vous éventuellement aider d’un(e) nutritionniste ou d’un(e) diététicien(ne) pour déterminer les quantités nécessaires. Servez votre enfant avant qu’il/elle n’arrive à table s’il le faut, laissez-le/la manger sans intervenir et au bout de 40 minutes, débarrassez la table pour lui faire comprendre que le repas est terminé, même s’il reste encore de la nourriture dans son assiette. Cela lui donnera des repères.

Ne critiquez pas votre enfant

Evitez les remarques du type « tu n’as plus que la peau sur les os », « tu es tout(e) maigrichon(ne) », « on dirait un cadavre, même plus un être humain ». Ne dévalorisez pas votre enfant et ne le/la critiquez pas, ce n’est pas la solution pour l’aider à ouvrir les yeux sur son état. Surtout, ne faites pas de comparaison avec ses frères et sœurs ou ses amis. En effet, votre enfant dénie complètement ces troubles et ne sera pas à l’écoute s’il/elle se sent persécuté(e) et blâmé(e). Insister et faire des commentaires ne vous aidera pas à convaincre votre enfant de changer ses habitudes, et risquerait plutôt d’avoir un impact négatif sur son estime de soi.

Commencez un suivi médical

N’hésitez pas à consulter votre médecin généraliste avant de vous rendre chez un(e) psychiatre pour un diagnostic de la maladie. Dans certains cas, l’enfant nécessitera un suivi psychiatrique. Si vous remarquez chez votre enfant des troubles de la vigilance et de la conscience, un ralentissement de son rythme cardiaque, un épuisement physique en plus d’un amaigrissement important et rapide, une hospitalisation d’urgence en service spécialisé sera obligatoire pour la survie de l’enfant.

Que faire si mon enfant souffre de boulimie ?

Depuis quelques temps, votre enfant se cache pour manger jusqu’à se gaver ? Vous avez remarqué des traces inhabituelles sur ses doigts qui vous laissent penser qu’il/elle se fait vomir ? De la nourriture disparaît régulièrement dans votre cuisine ? Vous l’avez surpris(e) à cacher de la nourriture dans sa chambre ?

Votre enfant souffre peut-être de boulimie.

Cherchez à instaurer un dialogue avec votre enfant

Soyez à l’écoute et rassurez votre enfant sur l’amour que vous lui portez. Il/elle peut avoir l’impression que votre regard a changé depuis que ces troubles alimentaires sont apparus. Rappelez-lui que vous êtes là pour discuter si votre enfant a besoin de parler de ce qui ne va pas.

Evitez de stocker trop de nourriture

Si vous remarquez la récurrence de ces « crises de gavage » chez votre enfant, faites en sorte que le frigo et les placards de la cuisine ne soient pas pleins à craquer. Ne tentez pas votre enfant en achetant en grande quantité. Poussez-le/la à se limiter en réduisant les quantités de nourriture dans votre foyer mais sans le faire de manière frontale : ne lui interdisez pas de manger, ne l’empêchez pas ouvertement d’accéder aux placards ou au frigo dans la cuisine. Cela serait, certes, plus efficace sur le court terme, mais risquerait d’augmenter sa frustration.

Montrez-lui que vous êtes là pour l’aider

Lutter contre les pulsions alimentaires n’est pas facile pour une personne boulimique, qu’elle soit enfant ou adulte. Soutenez votre enfant, aidez-le/la à trouver des alternatives qui lui procureront un sentiment de satisfaction : s’épanouir en faisant des activités artistiques, aller au cinéma, au théâtre, s’engager dans une association, faire une activité sportive, etc.

Soyez créatif(ve) et force de proposition ! Même si votre enfant se montre réticent(e) au début pour tester de nouvelles activités avec vous, persévérez ! Vous réussirez à trouver LE truc qui le/la motivera et lui fera changer d’avis.

Avoir vous-même un comportement alimentaire sain aidera votre enfant à prendre exemple sur vous. Vous êtes un modèle pour lui/elle, ne l’oubliez pas !

Elaborez des menus équilibrés pour vos repas avec votre enfant

Faites votre maximum pour préparer des plats sains et variés. Privilégiez les légumes et les fruits. Pensez à assaisonner, mettre des épices, préparer une petite sauce à côté pour donner envie à votre enfant de manger abondamment ces plats et pour qu’il/elle soit calé(e) après chaque repas. Cela permettra de réduire la fréquence des crises de gavage. Ne laissez pas les viandes de côté pour autant ! Poisson, volaille, viande rouge sont essentiels pour éviter les carences et pour équilibrer son alimentation. Pensez à préparer des quantités réduites ou à servir le repas directement dans le plat de chacun pour éviter que votre enfant ne se resserve plusieurs fois. Vous devez décider de la quantité. Faites-vous éventuellement aider d’un(e) nutritionniste ou d’un(e) diététicien(ne) pour déterminer les quantités nécessaires pour chaque repas. Servez votre enfant avant qu’il/elle n’arrive à table s’il le faut, laissez-le/la manger sans intervenir et au bout de 40 minutes, débarrassez la table pour lui faire comprendre que le repas est terminé. Cela l’empêchera de se resservir abondamment.

Prenez vos repas en famille à des heures régulières

La ponctualité des repas va apaiser votre enfant et lui donner des repères. Cela va aussi contribuer à diminuer son anxiété, en partie à l’origine de ce trouble du comportement alimentaire. Veillez à prendre vos repas en famille avec votre enfant à des heures fixes et ensemble, pas seulement pour vérifier ses habitudes alimentaires mais aussi pour lui montrer l’exemple.

Ne critiquez pas votre enfant

Evitez les remarques du type « tu manges trop », « tu as encore grossi », « tu avales tes repas trop vite ». Ne dévalorisez pas votre enfant et ne le/la critiquez pas, ce n’est pas la solution pour l’aider à ouvrir les yeux sur son état. Surtout, ne faites pas de comparaison avec ses frères et sœurs ou ses amis. En effet, votre enfant dénie complètement ses troubles et ne sera pas à l’écoute s’il/elle se sent persécuté(e) et blâmé(e). Insister et faire des commentaires ne vous aidera pas à convaincre votre enfant de changer ses habitudes, et risquerait plutôt d’avoir un impact négatif sur son estime de soi.

Accompagnez votre enfant vers une démarche de soins

La boulimie est un trouble du comportement alimentaire qui s’observe, dans un cas sur deux, en alternance avec l’anorexie mentale. Un suivi médical est donc nécessaire. Prenez contact avec votre médecin généraliste, un(e) psychiatre, ou les services psychiatriques spécialisés dans un hôpital près de chez vous.

Vous pouvez aussi trouver le centre médico-psychologique (CMP) le plus proche de chez vous ici, ou le centre médico-psychopédagogique (CMPP) le plus proche de chez vous ici.

Où trouver de l’aide ?

 

Vous pouvez contacter les associations suivantes :
  • L’association « anorexie boulimie, info écoute » au 0810 037 037 du lundi au vendredi du 16h à 18h (prix d’un appel local)
  • L’association PHARE Enfants-Parents au 01 43 46 00 62 du lundi au vendredi de 10h à 17h (prix d’un appel local) ou sur phare.org.
  • L’association G.R.O.S. (Groupe de Réflexion sur l’Obésité et le Surpoids) au 01 53 76 32 20 (prix d’un appel local) ou sur gros.org.
  • L’association « Vaincre l’anorexie et la boulimie » au 01 43 48 02 61 du lundi au vendredi du 16h à 18h ou sur vaincre-anorexie-boulimie.fr.

Pour aller plus loin

 

Cette bibliographie vous aidera à mieux comprendre les troubles alimentaires :
  • Aidez vos proches à surmonter l’anorexie de Catherine Calippe (Mon Petit Editeur)
  • Couper le cordon de Virginie Megglé (Eyrolles)
  • Le mystère de l’anorexie de Xavier Pommereau et Jean-Philippe de Tonnac (Albin Michel)
  • Imparfaits, libres et heureux : Pratiques de l’estime de soi de Christophe André (Poche Odile Jacob)
  • L’anorexie, sortir du tunnel de Rébecca Shankland, Alain Meunier et Soledad Bravi (De La Martinière Jeunesse)
  • La boulimie, sortir de l’engrenage de Rébecca Shankland, Clothilde Van Lerberghe et Yann Wehrling (De La Martinière Jeunesse)

Cette réponse a été rédigée par l’équipe de la Fondation pour l’Enfance.

Mise à jour le 07/12/2016.

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