Une personne a diffusé ou menace de diffuser une photo ou une vidéo intime de moi sur Internet

Ta situation

Tu as donné une photo de toi un peu hot à ton copain ou ta copine, et il ou elle menace de la montrer à tout le monde si tu romps ? Tu as donné une vidéo de toi dénudé(e) à une personne que tu connaissais ou non et elle te fait maintenant du chantage sexuel ou te demande de l’argent ? Tu ne sais pas comment faire pour l’en empêcher ou pour supprimer ces images ?

Si Internet peut voir naître de très belles amitiés et même des relations amoureuses, être en contact avec des inconnus peut aussi exposer à certains risques.

Cette fiche met en lumière les principaux risques sur Internet et donne quelques recommandations pour que votre enfant puisse chatter en toute tranquillité, en sachant se protéger.

Ça peut arriver à tout le monde !

Il s’agit de ton copain ou de ta copine ? Il est normal de faire confiance à celui ou celle que l’on aime et l’on peut avoir envie de pimenter la relation en lui envoyant des photos coquines.

Le sexting ne fait pas de toi une « salope », une mauvaise fille ou un mauvais garçon, la sexualité fait partie de la relation de couple ! Néanmoins, il y a toujours un risque de voir ces photos utilisées contre soi lorsque la relation bat de l’aile… quand une personne cherche à se venger d’un(e) ex en diffusant ses photos intimes, on appelle ça le « revenge porn ».

Si ton copain ou ta copine, ou une personne que tu ne connais pas et que tu as rencontrée sur Internet, menace de diffuser des images de toi à caractère sexuel ou de dire certaines choses qui pourraient porter atteinte à ton honneur si tu ne lui donnes pas de l’argent, si tu ne réponds pas à ses demandes sexuelles, ou si tu arrêtes une relation, alors il s’agit d’une menace de « sextorsion ». Ce terme provient des mots « sexe » et « extorsion », qui est le fait d’obtenir de force quelque chose de quelqu’un, par la violence, la menace de violences ou la contrainte. Si les images intimes ont déjà été diffusées, on parle de sextorsion. Si elles n’ont pas été diffusées, on parle de chantage.

Tu es peut-être en train de te dire que tu as été bête ou trop naïf(ve)… on pense souvent comme ça dans ce genre de situation. Mais s’il faut bien se rappeler quelque chose, c’est que le coupable, c’est celui qui veut transmettre ou qui a transmis ces images, pas toi. Et tu n’es ni le/la premier(ère), ni le/la dernier(ère) à qui cela arrive. Parmi les adolescents français de 13-17 ans qui ont déjà pratiqué le sexting, près d’1 sur 3 en a malheureusement subi des conséquences négatives…

Sache que la loi est derrière toi : il est totalement illégal de diffuser une photo ou vidéo à caractère sexuel sur Internet comme par SMS ou par tout autre moyen sans le consentement de la personne qui est représentée. Si tu as moins de 18 ans et que ces images montrent des actes sexuels, on parle même d’images pédopornographiques et les sanctions sont encore plus lourdes !

Ce que tu peux faire

Ne reste pas seul(e) : il est important d’en parler à un adulte en qui tu as confiance (tes parents, ta grande sœur, ton oncle, la mère d’une amie…) même si tu ressens de la honte et de la culpabilité.

Rappelle-toi : dans l’histoire, tu es la victime. Et être victime de chantage, c’est être sans cesse sous pression. Il faut que tu puisses faire diminuer cette angoisse en te confiant à quelqu’un qui pourra t’aider.

Appelle le numéro Net-Ecoute.

net_ecoute_logoSi tu n’oses pas en parler, ou si tu veux obtenir des informations de la part de professionnels du sujet, tu peux appeler le numéro Net-Ecoute au 0 800 200 000 (du lundi au vendredi, sauf jours fériés, de 9h à 19h), qui est spécialisé dans les dangers sur Internet. C’est anonyme et confidentiel. L’appel est gratuit depuis un téléphone fixe et au prix d’un appel normal depuis un mobile. Tu peux également les contacter par Skype, ou par Chat ou envoyer un e-mail. Ils t’écouteront et te guideront pour t’aider à résoudre le problème.

La photo ou la vidéo n’a pas été publiée
ou diffusée

Ce que tu peux faire dès à présent :
  • Demande à ce que soient supprimés les contenus intimes, et à ce qu’ils soient aussi supprimés par les autres personnes à qui ils auraient peut-être été transmis (amis de ton ancien copain/copine, par exemple).
  • Avertis la personne des sanctions qu’elle encoure si elle diffuse la photo ou la vidéo (tu trouveras toutes ces informations plus bas dans la partie « la loi te protège ») et que tu vas porter plainte, même si tu es toujours attachée à cette personne.
  • S’il s’agit d’une personne que tu ne connais pas : ne donne aucune information qui pourrait l’aider à faire son chantage, vérifie que tes comptes sur les réseaux sociaux sont bien paramétrés pour que cette personne ne puisse pas avoir accès à ta liste d’amis ou à tes informations personnelles (la ville que tu habites, ton numéro de téléphone, ton collège ou ton lycée…). Si tu es ami(e) avec cette personne sur Facebook, bloque-la.
  • Si la personne menace de publier sur Facebook, tu peux signaler le chantage ici.
  • Prends des captures d’écran de ta situation (les messages que tu as reçus, les contenus à effacer…) et signale directement la situation ici.Tu peux rester anonyme si tu le souhaites, et la situation sera traitée de manière confidentielle.
  • Ne donne pas d’argent, ne réponds pas aux demandes sexuelles.
  • Ne parle plus du tout à la personne qui te menace.
  • Si besoin, avertis tes amis de confiance de manière à ce qu’ils puissent te tenir au courant si jamais la personne met ses menaces à exécution en diffusant des images sur les réseaux sociaux.
  • Vérifie régulièrement sur Google que rien n’a été diffusé en tapant ton nom et ton prénom. Tu peux également recevoir automatiquement une alerte Google à chaque fois qu’une page Internet mentionne tes nom et prénom. Tu trouveras la marche à suivre ici.


Si aucune de ces manœuvres ne réussit à faire arrêter le chantage ou supprimer ces contenus, tu peux te rendre à la gendarmerie ou au poste de police avec l’un de tes parents et porter plainte. Les gendarmes ou les policiers ont l’obligation de prendre ta plainte.

La photo ou la vidéo a été publiée ou diffusée

Ce que tu peux faire dès à présent :
  • Signale directement la situation ici. Tu peux rester anonyme si tu le souhaites, et la situation sera traitée de manière confidentielle.
  • Si le contenu se trouve sur Facebook, tu peux utiliser le lien « signaler » présent à côté de tous les contenus. Tu trouveras la marche à suivre ici.
  • Si le contenu se trouve sur Twitter, tu peux signaler les tweets et contenus choquants directement à partir des tweets ou via le centre d’assistance. Tu trouveras la marche à suivre ici.
  • Si la photo ou la vidéo apparaît dans les résultats quand tu tapes ton nom sur Google, tu peux demander à ce que ces résultats soient déréférencés, c’est-à-dire qu’ils n’apparaîtront plus dans les résultats de recherche associée à ton nom. C’est ce que l’on appelle le « droit à l’oubli ». Pour ce faire, rends-toi ici.

Δ Attention, cela ne supprime pas la photo ou la vidéo, c’est pour ça qu’il est important de faire supprimer les images en priorité.

  • Si besoin, avertis tes amis de confiance de manière à ce qu’ils puissent te tenir au courant si jamais la personne met de nouveau ses menaces à exécution en diffusant des images sur les réseaux sociaux.
  • Vérifie régulièrement sur Google que rien n’a été diffusé en tapant ton nom et ton prénom. Tu peux également recevoir automatiquement une alerte Google à chaque fois qu’une page Internet mentionne tes nom et prénom. Tu trouveras la marche à suivre ici.


Si aucune de ces manœuvres ne réussit à faire arrêter le chantage ou supprimer ces contenus, tu peux te rendre à la gendarmerie ou au poste de police avec l’un de tes parents et porter plainte. Les gendarmes ou les policiers ont l’obligation de prendre ta plainte.

Et après… ?

Vivre une expérience stressante comme celle-ci risque très fort de te faire te remettre en question sur tes pratiques…

Profites-en pour faire le point : est-ce que je voulais réellement envoyer ces images ? Est-ce que j’y voyais un intérêt ou je ne le faisais que pour faire plaisir à l’autre ? Parfois, on se sent contraint(e) par son copain ou sa copine de s’échanger des sextos : « si je ne le fais pas, il va penser que je suis prude… » ou l’on subit du chantage : « montres-en moi plus si tu m’aimes vraiment ! ». Une personne qui te respecte doit comprendre qu’il y a des choses qui peuvent te mettre mal à l’aise et accepter ton refus.

Si le sexting est une activité qui te plaît et que tu veux continuer, rappelle-toi les risques et privilégie une conduite prudente : rendre anonyme tes clichés en prenant des précautions sur les parties que tu montres, sur le lieu… et contrairement à ce qu’on peut vouloir te faire croire, les images sur lesquelles on est attirant, sans contenu sexuel, peuvent également faire leur petit effet.

Tu peux parler de tes questions sur la sexualité à quelqu’un de confiance comme l’un de tes parents, un membre de ta famille… et même à ton médecin, au planning familial, à la maison des adolescents ou à l’infirmière scolaire. Ces professionnels ne sont pas là pour juger tes pratiques, qui relèvent de ta sphère intime, mais pour te permettre de te sentir bien dans ta tête et bien dans ton corps.

Pendant quelques temps, vérifie régulièrement sur Google que rien n’a été de nouveau diffusé en tapant ton nom et ton prénom. Tu peux également recevoir automatiquement une alerte Google à chaque fois qu’une page Internet mentionne tes nom et prénom. Tu trouveras la marche à suivre ici.

La loi te protège

Le droit à l’image : pas de photo, texte ou vidéo publié(e) sans consentement !

Le droit prévoit que l'image et les informations personnelles d'une personne doivent être protégées car il s'agit du droit fondamental à la vie privée des personnes (article 9 alinéa 1 du code civil).

Le consentement doit être donné par les deux parents lorsque la personne représentée sur l’image est mineure.

D’après la loi la transmission ou la diffusion de l’image d’une personne, se trouvant dans un lieu privé et sans son consentement peut être sanctionné d’1 an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende (article 226-1 Code pénal). S’il s’agit d’une image ou une vidéo prise dans un lieu public (dans la rue, la plage…), c’est aussi interdit, et l’on pourra se reporter à l’article 9 du Code civil.

La pédopornographie, c’est interdit

Le fait, en vue de sa diffusion, de fixer, d'enregistrer ou de transmettre l'image ou la représentation d'un mineur lorsque cette image ou cette représentation présente un caractère pornographique est puni de 5 ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende (article 227-23 du Code pénal).

Lorsque l’image ou la représentation concerne une personne mineure de 15, ces faits sont punis même s’ils n’ont pas été commis en vue de la diffusion de cette image ou représentation.

Tu as le droit de faire effacer tes données

Tu as ce que l’on appelle un « droit à l’effacement ».

Autrement dit, la loi te donne la possibilité d’obtenir l’effacement de tes données personnelles en ligne (photos, vidéos, textes…) si tu le souhaites (article 17 du règlement UE 2016/679).

Le chantage et de la sextorsion

Si une personne te menace de diffuser une photo ou une vidéo de toi, ou de révéler à tout le monde des choses qui pourraient porter atteinte à ton honneur, si tu ne donnes pas d’argent, d’autres photos de toi, que tu ne continues pas une relation avec cette personne… il s’agit de chantage, au regard de la loi, et c’est puni de 5 ans d'emprisonnement et de 75 000€ d'amende (article 312-10 du Code pénal).

Si la personne a mis ses menaces à exécution et qu’elle a diffusé ces photos ou vidéos, ou qu’elle a révélé des choses portant atteinte à ton honneur, on parle alors de « sextorsion », qui est punie comme l’extorsion : la peine est de 7 ans d’emprisonnement et 100 000€ d’amende (article 312-1 du Code pénal).

Le fait de diffuser un message à caractère pornographique susceptible d’être vu ou perçu par un mineur est également puni (article 227-24 du Code pénal).

Le harcèlement

La loi punit aussi le fait qu’une personne te harcèle : celle-ci risque 1 an d’emprisonnement et 15 000€ d’amende.

La peine est plus lourde encore si tu as moins de 15 ans OU si le harcèlement s’est fait sur Internet : 2 ans d’emprisonnement et 30 000€ d’amende, et peut même atteindre 3 ans d’emprisonnement et 45 000€ d’amende si tu as moins de 15 ans ET que le harcèlement s’est fait sur Internet (article 222-33-2-2 du Code pénal).

Δ Les menaces de crime (meurtre, viol…) ou de délit (agression, violences…), de manière répétée, sont aussi punies par la loi.

Cette réponse a été rédigée par l’équipe de la Fondation pour l’Enfance. L’association e-Enfance, qui gère la ligne Net-Ecoute, y a aimablement contribué en faisant part de son expertise sur le sujet.

Mis à jour le 30/11/2016.

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