J’ai des pensées suicidaires

Ta situation

Tu as le sentiment que la vie n’a plus de sens ? Plus rien ne t’intéresse ? Tu as l’impression que ça n’ira jamais mieux ? Tu vois la mort comme la solution ?

Ces pensées sont très graves et inquiétantes. Elles doivent être prises très sérieusement, par toi mais aussi par ton entourage.

Dans cette fiche, nous t’aiderons à comprendre ces pensées suicidaires que tu peux avoir. Notre objectif est de te faire prendre conscience de leur gravité, mais aussi de t’empêcher de culpabiliser. Nous te donnerons des associations et autres structures qui pourront te venir en aide si tu as besoin de parler et d’être pris(e) en charge. Cette fiche te sera également utile si quelqu’un dans ton entourage a des pensées suicidaires et que tu veux l’aider.

Comprendre tes pensées suicidaires

Il faut distinguer les pensées suicidaires des tentatives de suicide et des suicides aboutis. On parle de pensées suicidaires quand tu réfléchis à te donner la mort sans pour autant le faire. On parle de tentative de suicide quand une personne est réellement passée à l’acte mais qu’elle a pu être sauvée. Il y a suicide abouti quand la personne est passée à l’acte et qu’elle est décédée.

Les pensées, tentatives et suicides aboutis sont dus à une envie de mettre fin à des souffrances, plus qu’à une réelle envie de mourir. La mort est vue comme la délivrance d’un mal-être profond. Quand tu te sens impuissant(e), inutile, , que tu as l’impression de ne plus réussir à contrôler ta vie, , ou bien de ne pas te sentir à ta place dans le monde, la mort peut te paraître être la meilleure des solutions pour stopper ces pensées et sentiments douloureux.

Il est fondamental que tu comprennes et gardes en tête que les pensées suicidaires et les tentatives de suicide ne sont pas des signes de faiblesse. Encore une fois, les pensées et tentatives de suicide révèlent de réelles souffrances, et tu n’as pas à culpabiliser ou à avoir honte de ces souffrances. Ta tristesse et ta douleur peuvent être dues à des évènements ou des situations de vie très difficiles et douloureux, comme des maladies physiques ou mentales, des addictions, des chocs émotionnels ou des blessures de vie (divorce des parents ; deuil ; rupture amoureuse ; échecs scolaires ; violences physiques, psychologiques ou sexuelles). Cependant, il est possible que tu te sentes au plus mal même si rien de tout cela ne t’es arrivé. Il est possible que tu te sentes illégitime d’avoir ces envies de mort parce que tu as « tout pour être heureux ». N’oublie pas que chaque souffrance est légitime et doit être prise au sérieux.

Tu peux te demander pourquoi tu réagis ainsi alors que les autres qui sont dans la même situation ne se sentent pas aussi mal. Que tu aies vécu un traumatisme particulier ou non, ta sensibilité peut te rendre la vie plus difficile Encore une fois, ce n’est pas un signe de faiblesse, tu n’as pas à avoir honte.

Un(e) proche m’inquiète

Il y a plusieurs réactions à privilégier, et d’autres à éviter !

Evite :

  • De minimiser ses souffrances (« ce n’est rien » ou « ça va passer »). N’oublie pas que personne ne parle de solutions aussi radicales et graves que le suicide s’il/elle considère que ce n’est rien ;
  • De porter un jugement. Encore une fois, on n’envisage pas le suicide si tout va bien ;
  • De le/la faire culpabiliser ;
  • De te moquer ;
  • D’essayer de l’aider seul(e), sans en parler à un adulte.

Essaye de :

  • Parler avec lui/elle, et d’écoute sans juger ;
  • L’encourager à dire ses souffrances, à chercher les raisons de ce mal-être ;
  • Reconnaître ses souffrances et de l’aider à trouver des côtés positifs de la situation (s’il y en a !)
  • Lui conseiller de consulter un médecin, ou tout autre personne dont c’est le métier (psychologue ou infirmier-ère scolaire, association). Parfois même un professeur ou un parent. Bref, quiconque pourra l’aider dans ses démarches. Tu ne dois surtout pas l’aider seul(e), car ce n’est pas ton métier ni ton rôle.
  • S’il/elle t’a demandé de garder le secret, tu dois tout de suite refuser car tu risques d’être accusé(e) de non-assistance à personne en danger, ce qui est interdit et punit par la loi (article 223-6 du Code pénal). Cependant, tu dois aussi discuter avec lui/elle et obtenir son accord pour en parler à la personne de son choix.

Je veux être aidé(e)

Si tu songes au suicide, il est fondamental que tu t’adresses :

  • A une personne de confiance
    • Un(e) ami(e), un membre de ta famille, ton/ta psychologue scolaire. Si tu te sens toi-même découragé(e) et incapable d’appeler un médecin ou une association d’aide, cette personne pourra t’aider et t’accompagner.
    • Il peut arriver que tu ne sois pas pris(e) au sérieux par la personne à qui tu décides de parler. Cela ne veut pas dire qu’elle a raison et que ce que tu ressens n’est pas important. Parfois, quand on aime quelqu’un, on préfère ignorer ses souffrances pour se protéger soi. Dans ces cas-là, tu ne dois pas abandonner et rester seul(e) face à ton mal-être et tes pensées. Parle à une autre personne, ou bien contacte une association listée ci-dessous.
  • A une ou plusieurs des associations suivantes
    • PHARE Enfants-Parents, que tu peux contacter par email à l’adresse cavaoupas@phare.org ou au téléphone, du lundi au vendredi de 10h à 17h au 01 43 46 00 62. Ton appel est anonyme et confidentiel.
    • SOS Amitié, disponible 24h sur 24 et 7 jours sur 7, au 09 72 39 40 50.
    • Suicide Ecoute, disponible 24h sur 24 et 7 jours sur 7 au 01 45 39 40 00.
    • SOS Suicide Phénix au 01 40 44 46 45
    • Fil Santé Jeune au 0800 235 236.
    • La Maison des Adolescents, où tu seras accueilli(e), écouté(e) et orienté(e) vers un accompagnement adapté. Rendez-vous sur leur site pour trouver la Maison la plus proche de chez toi.
    • La Porte Ouverte à Besançon, Bordeaux, Lyon, Paris, Rouen et Toulouse, où tu peux venir parler de façon anonyme, gratuite et sans avoir à prendre de rendez-vous.
  • En cas d’urgence, si tu es passé(e) à l’acte, contacte sans attendre le SAMU au 15, Police secours au 17, les pompiers au 18 ou Urgence au 112.

Être aidé(e), se sortir de cette spirale, c’est aussi reprendre des activités que tu aimes ou que tu as toujours voulu essayer. Cela t’occupera, te redonnera peu à peu le sourire et goût à la vie. Le sport est souvent conseillé aux personnes déprimées ou dépressives, car il libère des substances dans le cerveau qui participent à la sensation de bien-être. En plus, les activités sportives se font la plupart du temps en groupe, ce qui peut te permettre de rencontrer de nouvelles personnes, de te faire de nouveaux amis. Si tu préfères la lecture ou le cinéma par exemple, tu peux chercher des clubs où tu rencontreras des gens qui ont les mêmes passions que toi et avec qui tu pourras partager. Tu peux aussi te mettre à un instrument de musique ou à des activités manuelles (poterie, bricolage, tricot, jardinage, couture, dessin, peinture etc.). Ne culpabilise pas si tes activités sont solitaires et non en groupe, tant qu’elles t’apportent un peu de joie et de réconfort !

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