Je me questionne sur la sexualité ou sur mon orientation sexuelle

Ta situation

Tu te poses plein de questions sur l’amour et le sexe ? Est-ce que c’est normal de ne pas avoir encore eu de relation sexuelle ? A partir de quel âge a-t-on le droit de sortir avec quelqu’un ? Est-ce que je suis plus attiré(e) par les filles ou par les garçons, ou les deux ?

Dans cette fiche, nous te donnerons quelques pistes de réflexion pour répondre à tes interrogations, ainsi que des bonnes adresses de sites et les contacts de professionnels qui pourront te donner plus de détails.

La puberté… le début des questionnements

On te l’a peut-être déjà dit, mais la puberté est un moment important dans la vie d’un(e) futur(e) adulte : apparition des règles et développement des seins, de la vulve chez les filles, grossissement du pénis et des testicules, et premières éjaculations chez les garçons. Avec, dans les deux cas, son petit lot de poils qui apparaissent un peu partout.

On se pose alors beaucoup de questions sur son corps : « est-ce que c’est normal que j’aie un sein plus gros que l’autre ? Une petite lèvre qui dépasse ? Un testicule plus gros que l’autre ? Est-ce que mon pénis est pas trop petit ? Est-ce que c’est normal s’il est courbé ?

La puberté, c’est aussi la période où l’on commence à se poser des questions sur la sexualité : « est-ce que ça fait mal la première fois ? », « pourquoi les filles mouillent ? », « est-ce que c’est normal si je suis attiré(e) par quelqu’un du même sexe que moi ? »… On entend beaucoup de choses autour de soi : à la radio, par ses amis, ses cousin(e)s, ses grands frères et sœurs… et on voit beaucoup de choses aussi : dans les émissions de télé-réalité, les séries, sur Internet ou sur les couvertures des magazines. Parfois, ce que l’on apprend peut mettre mal à l’aise : “C’est ça le sexe ?”, “C’est dégueu…” ou au contraire, rendre curieux, donner envie.

Bien souvent, on se pose toutes ces questions en se demandant si l’on est « normal(e) ». Des grands sexes, des petits, des larges, des courts, des seins asymétriques, un clitoris qui dépasse, des premières fois à 15 ans ou à 23, des envies, pas d’envie… Se poser des questions, c’est bien naturel, mais en matière de corps et de désir, il n’y a pas de normes.

Les brochures « questions d’ados » et « Les premières fois » réalisées par OnS’exprime répondront à beaucoup de questions que tu peux te poser sur la sexualité. Tu peux les consulter ici et ici.

La sexualité, faire l’amour… c’est quoi exactement ?

Très bonne question !

Voici la réponse du site OnSexprime : « C’est le fait d’utiliser son corps pour prendre du plaisir, seul(e) ou avec d’autres personnes. La sexualité nous concerne tous dès notre naissance et évolue jusqu’à la fin de notre vie. En matière de sexualité, il existe des limites fixées par la loi, mais il n’y a pas de norme. Ce qui compte, c’est son désir personnel et le respect de l’autre, par l’écoute de son désir ou non-désir ».

Il y a de nombreuses manières de faire l’amour, et le plus important est d’en avoir envie et se sentir prêt(e). D’ailleurs, tu te rendras toi-même compte que ce n’est pas parce que beaucoup de gens disent qu’une pratique donne beaucoup de plaisir ou qu’elle est très courante dans les films pornographiques qu’elle te plaira forcément à toi aussi.

Les brochures « questions d’ados » et « Les premières fois » réalisées par OnSexprime répondront à beaucoup de questions que tu peux te poser sur la sexualité. Tu peux les consulter ici et ici.

Le consentement, c’est quoi exactement ?

C’est l’action de donner son accord. Le consentement est INDISPENSABLE lors des rapports sexuels, du début à la fin, et il doit être LIBRE.

Qu’est-ce que ça signifie ? Ça veut dire qu’il doit avoir été donné sans violence, contrainte, menace ou surprise. Prenons un exemple. Si une personne te dit « Si tu ne couches pas avec moi, je dirai à toute la classe ce que l’on a fait ensemble », « allez… si tu le fais pas, ça veut dire que tu m’aimes pas » et que tu acceptes, ton consentement ne sera pas considéré comme libre puisqu’il aura été donné sous la contrainte morale. Il ne faut jamais confondre les relations passionnelles avec les relations violentes. La violence, la manipulation, c’est tout sauf de l’amour ou de la passion.

Lorsque le consentement n’est pas libre, il s’agit d’un viol (lorsqu’il y a pénétration dans la bouche, le vagin ou l’anus avec le sexe, un doigt ou un objet), ou d’une agression sexuelle (s’il n’y a pas de pénétration).

La loi reconnaît un viol ou une agression sexuelle dans les cas suivants :

  • Il y a menace d’agression.
  • Il y a violence, la victime est bloquée à terre et ne peut pas s’échapper, par exemple.
  • Il y a contrainte, par exemple : menacer de révéler des choses, de faire du mal à quelqu’un ou d’abîmer quelque chose.
  • Il y a surprise, sur une personne endormie ou évanouie par exemple, ou sur une personne qui a consommé de la drogue ou qui est ivre, ou qui est prise par surprise.

Le consentement, on le demande quand ?

Avant la relation sexuelle, mais aussi pendant, quand on veut essayer de nouvelles positions ou de nouvelles pratiques.

Même s’il ne s’agit « que » de caresses ou de masturbation, tout le monde doit être d’accord. Une fois qu’il est exprimé, ça ne veut pas dire qu’il a une durée illimitée. Tout le monde a le droit de changer d’avis, même au dernier moment, et même si l’on est la personne qui a initié le rapport sexuel. Personne ne peut t’imposer des pratiques que tu n’as pas envie d’avoir, pas même ton copain ou ta copine.

Cela peut être frustrant parfois de se préparer à avoir une relation sexuelle dont on a très envie et de sentir ou d’entendre que son ou sa partenaire n’a pas le même désir. Il est important de savoir entendre et accepter un non, comme de pouvoir le formuler. Une relation sexuelle, c’est à deux qu’elle se fait.

Tu as un doute sur le consentement de ton ou ta partenaire ? Le site canadien Respecte-toi donne un très bon résumé des règles :

  • Non veut dire non.
  • Le silence veut dire non.
  • Être en état d’ébriété veut dire non.
  • Être sous l’influence de la drogue veut dire non.
  • Pas maintenant veut dire non.
  • Seul oui [donné sans violence, menace ou contrainte] veut dire oui.

N’hésite pas à regarder cette vidéo qui explique ce qu’est le consentement, avec une tasse de thé !

Attiré(e) par les filles ou par les garçons ?

L’adolescence est l’âge de toutes les questions, et notamment celles qui concerne ton orientation sexuelle.

« Je suis un garçon attiré par mon meilleur ami, j’ai du mal à savoir si c’est uniquement de l’amitié ou de l’amour… », « Est-ce que c’est normal que je sois attirée par une fille en étant une fille ? Est-ce que ça veut dire que je suis lesbienne ? », « J’ai peur de la réaction de mes potes si je leur dis que je suis homo »… Pas facile d’avoir tout plein de questions dans la tête, surtout quand on est à un âge où on veut être accepté(e) dans son groupe d’amis. Pas facile non plus de se poser ces questions quand on sait que la société suppose toujours d’une personne qu’elle est hétéro, et que les personnes homosexuelles sont parfois victimes de discriminations.

L’attirance que tu peux avoir pour quelqu’un du même sexe que toi ne veut pas forcément dire que tu es homo. A certains moments de la vie, on peut se sentir tellement proche d’une personne, son ou sa meilleur(e) ami(e) par exemple, que l’on se demande si ce n’est pas de l’amour. Ça peut l’être, mais ça peut aussi être une amitié très forte ou de l’admiration. On peut aussi parfois avoir une attirance temporaire pour l’autre sexe, vouloir se tester un peu pour déterminer ce qui nous donne le plus de plaisir.

L’homosexualité ou la bisexualité n’est ni un choix ni une maladie. On ne « guérit » pas d’être homo, tout comme on ne le choisit pas. Ce désir pour quelqu’un du même sexe que toi vient progressivement, parfois même sans que tu ne t’en rendes compte, et finit par s’imposer. Mais il n’y a pas de fatalité dans l’orientation sexuelle : on peut être plutôt homo au début et devenir hétéro ou bi plus tard, ou l’inverse… et puis, au final, pas toujours besoin de se coller des étiquettes !

Δ On entend parfois des personnes dire que parce qu’une fille pratique un sport très prisé par les hommes, du BMX par exemple, elle est lesbienne. Et inversement, si un garçon pratique de la danse classique, par exemple, il est homosexuel. Ce n’est pas parce que tu es un garçon et que tu réalises des activités habituellement pratiquées par des filles, ou inversement, que tu es homosexuel(le). La pratique de telle ou telle activité n’a absolument rien à voir avec l’orientation sexuelle.
le_refuge_logoSi tu te poses des questions sur ton orientation sexuelle, l’association Le Refuge peut y répondre. Tu peux la joindre au 06 31 59 69 50, en envoyant un SMS ou en l’appelant directement (prix d’un appel normal vers un mobile). Ils sont disponibles 24h/24 et 7j/7.

La pornographie, ça peut servir pour en apprendre sur la sexualité ?

Tu as peut-être déjà vu des images ou des vidéos pornographiques, volontairement ou sans le faire exprès ?

Que tu en aies vu une seule fois ou que tu ailles régulièrement regarder ces images, il est important de savoir que la pornographie ne ressemble pas du tout à ce qu’est réellement la sexualité. D’ailleurs, il ne s’agit pas de sexualité, mais seulement de sexe.

Pourquoi ? Pour beaucoup de raisons !

Dans la vraie vie, tu n’es pas payé(e) pour avoir des relations sexuelles filmées avec ton ou ta partenaire, tu as une relation sexuelle parce que tu en as envie, parce qu’il y a de la séduction, de l’intimité, des sentiments, de l’amour… Dans la vraie vie, tu ne prends pas de cocaïne et tu ne t’injectes pas de produit dans le pénis pour maintenir une érection pendant des heures le temps d’un tournage ; parfois l’érection ne vient pas ou l’orgasme, et ce n’est pas grave. Dans la vraie vie, les partenaires se demandent ce qu’ils ont envie de faire ou de ne pas faire, chacun a ses limites qu’il faut respecter. Dans la vraie vie, les garçons ne sont tous pas des bêtes de sexe avec un gros pénis, dont le but est de faire jouir le plus fort leur partenaire, et les filles ne disent pas « oui » à tout. Dans la vraie vie, les filles ont un clitoris qui peut leur procure aussi beaucoup de plaisir et ne prennent pas forcément de plaisir à être pénétrées par plusieurs garçons dans tous les orifices. Et surtout, dans la réalité, on met sa propre santé en jeu lors d’une relation sexuelle, alors on se protège : préservatif et moyen de contraception.

Les conséquences du visionnage de films porno

Regarder des films pornographiques peut t’amener à te poser des questions, voire développer des complexes : est-ce que je suis obligé(e) de faire les mêmes choses ? Est-ce que je dois avoir un pénis énorme pour donner du plaisir à une fille, ou est-ce que je dois forcément avoir des gros seins pour être désirable ? Est-ce ce que je dois être épilée intégralement comme dans les films ?

La pornographie, même si elle permet d’assouvir certaines pulsions sexuelles, peut être néfaste, et surtout chez les adolescents qui n’ont pas encore, ou peu, expérimenté la sexualité. Pourquoi ? Parce que tu ne connais pas encore très bien ton propre corps et celui d’une autre personne. Quelles sont les zones qui m’excitent quand on les caresse ? Est-ce que cette position nous donne du plaisir, à moi et à mon/ma partenaire ? La sexualité est une chose qui se construit dans le temps, à deux, et qui évolue. Regarder des films pornographiques peut parasiter ton imaginaire : il ne laisse pas la place à tes propres scénarios, au développement de tes propres fantasmes. Il t’impose toujours les mêmes images, les mêmes types de corps et les mêmes pratiques.

En matière de sexualité, la seule règle est le respect mutuel. Personne n’a à te dicter un modèle à suivre, et surtout pas les films pornographiques. Tu es en pleine découverte de ton corps et de ses plaisirs, ce serait dommage de laisser la pornographie t’imposer des images et brider ton imaginaire, non ?

À partir de quel âge la loi nous autorise à avoir des rapports sexuels ?

La loi ne fixe pas d'âge à partir duquel tu as le droit ou non d'avoir des relations sexuelles. En revanche, elle interdit les relations sexuelles entre une personne majeure (qui a plus de 18 ans) et une personne de moins de 15 ans, même si cette dernière était d'accord. Et ce, que ce soient des caresses sexuelles ou une relation sexuelle avec pénétration.

À partir de 15 ans tout pile, on dit que tu es « majeur(e) sexuellement ». En réalité, cela veut dire que tu peux avoir des relations sexuelles avec des personnes mineures comme majeures, sauf avec les personnes qui ont une autorité sur toi, comme un(e) professeur(e) par exemple. Et bien sûr, il faut toujours qu’il y ait le consentement libre du partenaire du début à la fin.

Ça ne veut pas dire qu’il faut absolument se précipiter et avoir sa première fois avec le premier garçon ou la première fille qui se trouvera sur ton chemin… La moyenne d’âge du premier rapport se situe entre 17 et 18 ans. Bien entendu, il s’agit d’une moyenne. Certaines personnes le font plus tôt que d’autres… en matière de sexualité il n’y a pas de règle, on fait comme on le sent !

Les Infections Sexuellement Transmissibles (VIH, hépatite…)

C’est quoi exactement ?

Les IST sont des infections sexuellement transmissibles. Ce sont des infections provoquées par des bactéries, des virus ou des parasites. Elles se transmettent lors des pratiques sexuelles : pénétration vaginale ou anale, fellation, cunnilingus, anulingus, caresse/masturbation sexe contre sexe. Un simple contact entre les muqueuses peut parfois suffire pour contracter une IST. Certaines IST peuvent aussi se transmettre lors de baisers ou de caresses (pas le VIH/SIDA).

Certains signes peuvent indiquer que l’on a attrapé une IST : fièvre, diarrhée, rougeurs, irritations, douleurs au bas-ventre, écoulement au niveau du vagin, de l’urètre, de la verge ou de l’anus, brûlures en urinant, urines plus foncées, boutons, petites verrues, démangeaisons… Il existe aussi des IST qui ne présentent pas de symptôme, raison pour laquelle il ne faut pas attendre l’apparition de signes sur le corps pour aller faire un test si l’on a eu une relation sexuelle non protégée, même s’il ne s’agissait que de frottements sexe contre sexe.

Aujourd’hui, beaucoup d’IST se soignent très bien quand elles sont traitées à temps. Le VIH / SIDA reste l’IST la plus grave, puisque même si des traitements existent pour stabiliser la maladie, on n’en guérit jamais pour l’instant.

Trois moyens permettent d’éviter d’attraper une IST. Le plus facile à trouver, et qui est 100% efficace, c’est bien sûr l’abstinence, c’est-à-dire ne pas avoir de rapport sexuel du tout. Un moyen plutôt simple pour les personnes qui n’ont pas de désir sexuel ou qui font le choix de ne pas avoir de rapports sexuels, mais ce n’est bien entendu pas le cas de tout le monde. La deuxième option, c’est l’utilisation du préservatif (masculin ou féminin). Et pas besoin d’en mettre deux… cela générerait des frottements qui augmenteraient les risques de déchirure. Enfin, le troisième moyen pour se protéger des IST est de faire tous les deux un test de dépistage des IST, et de rester fidèle l’un à l’autre. Mais il faudra bien sûr toujours penser à la contraception.

Si tu veux en savoir plus sur les IST, comment elles se transmettent, se dépistent et se soignent, tu peux te rendre sur info-ist.fr, sida-info-service.org ou hepatites-info-service.org.

Les mauvaises excuses pour ne pas se protéger

« T’inquiète, je suis clean/t’es la première/le préservatif ça casse l’ambiance/ça me fait débander… » HOP HOP HOP ! Il n’y a AUCUNE excuse qui ne soit valable pour ne pas utiliser le préservatif. Les IST, c’est pas un jeu, certaines peuvent te rendre stérile, et d’autres, comme le VIH/SIDA, ne se guérissent jamais. Le site OnSexprime a répertorié les excuses les plus courantes et a les a mises en scène en vidéo afin de te permettre d’y répondre efficacement !

Si ton/ta partenaire insiste lourdement pour ne pas en utiliser, malgré tes réticences, penses-tu qu’il/elle mérite que tu t’y intéresses ? La sexualité, c’est aussi accepter les limites de l’autre. Comment cette personne va te respecter pendant le rapport si elle n’est déjà pas capable de t’écouter ? Si l’on se respecte, on met un préservatif pour se protéger soi et pour protéger l’autre.

J'ai pris un risque

Tu as eu un rapport sexuel non protégé ou le préservatif a « craqué » avec un partenaire avec lequel tu n’as pas fait le test de dépistage ? C’était il y a moins de 48h ? Tu as la possibilité de prendre un Traitement de Post-Exposition (TPE) en te rendant au plus vite, de préférence dans les 4h suivant la prise de risque, et au plus tard dans les 48h, au service des urgences de l’hôpital le plus proche de chez toi. Si possible, vas-y avec ton ou ta partenaire. Un médecin évaluera le risque que tu as pris et s’il est utile de te prescrire le TPE. Ce traitement dure 4 semaines et peut empêcher le développement du VIH si tu en as été infecté(e). Si tu as besoin d’aide pour savoir comment faire et te rendre aux urgences, tu peux contacter Sida Info Service au 0 800 840 800 (24h/24 et 7j/7).

Si le risque a été pris il y a plus de 48h, il est important de ne pas attendre des mois pour aller se faire dépister. Souvent, on commence à avoir peur et à se trouver des excuses pour éviter d’aller faire un test : on se dit que c’était rien, que beaucoup de gens ne se protègent pas, que ça n’a pas duré longtemps, que c’était avec un partenaire que l’on connaissait… mais les IST, elles, s’en fichent de tout ça. Et si tu as contracté quelque chose, tu peux aussi le transmettre à ton tour !

Tu peux procéder de plusieurs manières :

  • En allant chez ton médecin traitant (tu peux demander à tes parents de t’attendre dans la salle d’attente si tu préfères ou y aller seul(e) avec ta carte vitale et de quoi payer la consultation). Il/ elle te prescrira une prise de sang.
  • En allant dans un Centre Gratuit d’information, de Dépistage et de Diagnostic (CeGIDD). C’est gratuit et tu n’es pas obligé(e) de donner ton nom. Pour trouver le CeDIGG le plus proche de chez toi, rends-toi ici.

Dans les deux cas, attends 6 semaines après le rapport sexuel non protégé avant de faire la prise de sang pour obtenir des résultats fiables. Avant 6 semaines, le virus du SIDA n’est pas encore très détectable dans le sang.

La prochaine fois, n’oublie pas de prendre des préservatifs pour éviter de te faire à nouveau un sang d’encre pendant plusieurs semaines 😉

Les moyens de contraception

La contraception… on l’utilise quand ? c’est pour qui ? pour quoi ? à quel prix ?

Il existe une dizaine de moyens pour éviter une grossesse non souhaitée : préservatif masculin, préservatif féminin, pilule, implant… tous ne sont pas forcément adaptés pour toi et n’ont pas la même fiabilité.

La contraception, ce n’est donc pas forcément la pilule, et c’est un choix qui doit se faire de manière éclairée. Rends-toi sur le site Choisirsacontraception pour en savoir davantage sur les différents moyens, mais aussi sur la manière de te les procurer.

N’hésite pas à demander conseil à un adulte duquel tu te sens proche, à ton médecin traitant, à un(e) gynécologue ou aller dans un Centre de Planification et d’Éducation Familiale (que l’on appelle aussi plannings familiaux). Tu peux trouver celui qui est le plus proche de chez toi sur cette carte.

C’est autant à la fille qu’au garçon d’y penser !

Sache qu’en tant que mineur(e), tu peux te procurer gratuitement des préservatifs et la pilule dans les Centres de Planification et d’Éducation Familiale. Il est aussi possible de bénéficier d’une consultation gratuite chez un(e) médecin généraliste (dont la consultation est au « tarif Sécurité sociale »), même sans la carte vitale de tes parents, pour que l’on te prescrive un moyen de contraception.

Si tu as eu un rapport sexuel sans contraception, si l’éjaculation a eu lieu à l’entrée de ton vagin (sur ta vulve), si le préservatif a « craqué »,  si tu as oublié ta pilule, ou si tu as vomi ta pilule rapidement après sa prise en ayant eu des rapports sexuels dans les 5 jours qui précédaient, rends-toi d’urgence dans une pharmacie, à l’infirmerie de ton établissement ou dans un Centre de Planification et d’Éducation Familiale pour prendre la pilule d’urgence. Elle est gratuite pour les mineures. Tu peux la prendre dans les 72h suivant le rapport sexuel, mais les risques de fécondation augmentent avec le temps… le plus tôt, c’est donc le mieux ! Tu peux aussi mettre un dispositif intra-utérin dans les 5 jours qui suivent le rapport sexuel.

Si le rapport a eu lieu sans préservatif ou s’il a craqué, pensez également à faire un test tous les deux pour vérifier que vous n’avez pas contracté d’IST. Pour ce faire, tu peux demander une prescription à ton médecin traitant, mais aussi te rendre anonymement dans un Centre Gratuit d’information, de Dépistage et de Diagnostic (trouve le plus proche de chez toi sur cette carte).

Δ Attention, le seul moyen de contraception qui protège aussi des Infections Sexuellement Transmissibles (IST) est le préservatif !

La capote, mode d’emploi

Beaucoup pensent que mettre un préservatif masculin, ça coule de source. Alors que bien souvent, les « craquages » de préservatifs sont dus à une mauvaise utilisation.

Un petit rappel des règles sur l’utilisation du préservatif masculin s’impose :

AVANT :

  • Vérifier qu’il y a bien le logo CE ou EN 600 sur la boîte. Ce sont des normes qui garantissent que les préservatifs sont de qualité.
  • Vérifier que la date de péremption n’est pas dépassée.
  • Il est important de conserver le préservatif à l’abri de l’humidité et de la chaleur afin de ne pas altérer sa qualité.

AU MOMENT DE LE METTRE ET PENDANT :

  • Ouvrir l’emballage du préservatif avec ses doigts, en faisant attention aux ongles. Les dents ou les ciseaux pourraient abîmer le préservatif.
  • Toujours pincer le bout du préservatif (le « réservoir ») pour évacuer l’air, avant de le mettre.
  • Mettre le préservatif sur le gland et le dérouler juste à la base du pénis pour éviter qu’il ne glisse lors du rapport.
  • Le mettre au début du rapport. Ne pas pénétrer son ou sa partenaire sans préservatif car le liquide pré-séminal, qui s’écoule avant le sperme, et la cyprine (la « mouille » chez les filles) peuvent transmettre des IST. Le liquide pré-séminal contient aussi des spermatozoïdes, il suffit d’une pénétration pour qu’il y ait un risque de grossesse.
  • Si besoin pendant le rapport, utiliser un gel lubrifiant.
  • Toujours un seul préservatif à la fois, en mettre deux risquerait de créer des frottements et de les fragiliser.
  • Changer de préservatif à chaque rapport sexuel et lorsque l’on change de pénétration (si l’on passe de l’anus au vagin par exemple).
  • Se retirer rapidement de votre partenaire après l’éjaculation. Quand le pénis débande, le préservatif ne retient plus correctement le sperme et ce dernier peut couler dans le vagin.
  • Ne pas éjaculer sur la vulve de sa partenaire, le sperme n’a pas forcément besoin d’être à l’intérieur du vagin pour qu’il y ait un risque grossesse.

APRÈS :

  • Nouer le préservatif pour éviter que le sperme ne s’échappe et le jeter.
  • Si la taille ne convenait pas, si les sensations n’étaient pas au rendez-vous… Changer de marque, de goût, de couleur, de taille, d’épaisseur !
  • En cas de réaction allergique au niveau du pénis ou du vagin, il est possible qu’il s’agisse d’une allergie au latex. Pas de panique, il existe aussi des préservatifs en polyuréthane ou en nitrile.

 

Et les règles d’utilisation du préservatif féminin dans tout ça ?

AVANT : 

  • Les préservatifs féminins s’achètent en pharmacie et dans certaines associations (de lutte contre le VIH par exemple).
  • Ne jamais réutiliser un préservatif. Pour chaque rapport et pour chaque partenaire, il faut en prendre un nouveau.
  • Ne jamais utiliser un préservatif masculin et féminin en même temps.
  • Ouvrir délicatement l’emballage. Il existe souvent une encoche prévue à cet effet. Attention aux ongles, dents ou objets coupants qui pourraient déchirer le préservatif.

AU MOMENT DE LE METTRE ET PENDANT :

  • Il y a aux extrémités du préservatif un anneau externe, à l’entrée, et un anneau interne, au fond. L’anneau externe est plus grand et plus fin que l’anneau interne. Choisir une position confortable avant de mettre en place le préservatif : debout avec une jambe sur une chaise, accroupie ou couchée. Ce préservatif peut se mettre plusieurs heures avant le rapport sexuel (cela lui permet de bien adhérer aux parois du vagin).
  • Tenir l’anneau interne qui se trouve au fond du préservatif en le pressant entre le pouce et l’index.
  • Sans le relâcher, introduire soigneusement l’anneau interne dans le vagin et veiller à ce que le préservatif ne soit pas tordu.
  • Mettre l’index à l’intérieur du préservatif et pousser l’anneau interne aussi loin que possible. L’anneau externe doit rester en dehors du vagin et recouvrir correctement la région des lèvres.
  • Guider avec la main le pénis de votre partenaire à l’intérieur du préservatif. Vérifier que le pénis n’entre pas à côté du préservatif.

APRÈS :

  • Il est inutile que l’homme se retire avant la fin de l’érection. Pour retirer le préservatif,  tordre l’anneau externe et tirer doucement.
  • Jeter le préservatif à la poubelle et non dans les toilettes. Celui-ci est à usage unique.

L’avortement

On l’appelle aussi l’Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) et il peut se pratiquer jusqu’à 12 semaines de grossesse.

Pour les mineures, l’avortement peut se faire avec ou sans l’autorisation des parents (dans ce cas, il te faudra venir accompagnée de la personne majeure de ton choix).

Comment ça se pratique ? Est-ce que ça fait mal ? Y-a-t-il des conséquences ? Pour répondre à toutes tes questions, tu peux aller sur le site ivg.gouv.fr ou IVG, les adresses, ou t’adresser au numéro Sexualités, contraception, IVG en appelant le 0 800 08 11 11. L’appel est anonyme et gratuit.

Méfie-toi de certains sites : il en existe qui disent être là « pour t’aider » et qui diffusent une propagande anti-avortement. Ton corps t’appartient. Ni tes parents, ni ton copain, ni personne d’autre, ne peut te forcer à continuer une grossesse si tu n’en as pas envie.

Si en revanche, tu désires continuer cette grossesse, n’hésite pas à appeler ce même numéro pour obtenir tous les renseignements utiles.

Ils peuvent t’aider

Des structures peuvent répondre à toutes tes questions, et bien plus !

Sexualité, contraception, avortement

Fil Santé Jeunes est un numéro qui s’adresse aux 12-25 ans et qui répond à toutes tes questions sur la sexualité, la contraception, la santé physique et mentale… Tu peux consulter leur site ou les joindre de manière totalement anonyme et gratuite au 0 800 235 236 (tous les jours de 9h à 23h).

Ton médecin traitant, l’infirmier(ère) scolaire, ta/ton gynécologue si tu es une fille, peuvent également te renseigner. N’hésite pas à aller au rendez-vous seul(e) sans tes parents pour pouvoir poser toutes les questions qui te préoccupent. Si tu es une fille et que tu n’es jamais allée voir un(e) gynécologue, pas de panique ! Tu n’es pas obligée de te déshabiller si tu ne le souhaites pas, tu peux simplement y aller pour poser tes questions. Les médecins sont tenus par le secret professionnel, rien de ce que tu leur diras ne sera répété à tes parents.

Le Centre de Planification et d’Education Familiale (aussi appelé planning familial) est aussi un lieu d’écoute qui peut t’aider pour toutes les questions liées à la sexualité, la contraception et l’avortement, ou si tu souhaites avoir accès à la pilule ou prendre des préservatifs gratuitement. Tu trouveras celui qui est le plus proche de chez toi sur cette carte.

Si tu as des questions spécifiques sur l’avortement, tu peux aller sur le site ivg.gouv.fr ou IVG, les adresses, ou t’adresser au numéro Sexualités, contraception, IVG en appelant le 0 800 08 11 11. L’appel est anonyme et gratuit.

Infections sexuellement transmissibles

Le site Info-IST peut répondre à tes questions sur toutes les IST.

Sida Info Service est à ta disposition 7j/7 et 24h/24 au 0 800 840 800 pour t’informer sur les IST, répondre à tes questions si tu penses avoir pris un risque, t’orienter vers un centre pour faire un test de dépistage si c’est utile… L’appel est anonyme, confidentiel et gratuit. Tu peux également poser ta question par mail ou sur le tchat.

Pour toutes les questions liées aux hépatites, tu peux consulter le site Hépatites Info Service, mais aussi les contacter au 0 800 845 800 tous les jours de 8h à 23h. L’appel est anonyme, confidentiel et gratuit. Tu peux également poser ta question par mail ou sur le tchat.

Les centres de planification peuvent aussi répondre à tes questions. La plupart de ces centres pratiquent le dépistage et le traitement des IST.

Tu peux aussi contacter Viols Femmes Informations au 0800 05 95 95 du lundi au vendredi de 10 à 19 heures,
(appel gratuit pour toute la France depuis les fixes, DOM compris, horaires métropole).

Homosexualité, bisexualité, identité de genre

Tu te poses des questions sur ton orientation sexuelle ou ton identité de genre ? « Je suis un garçon attiré par les garçons, est-ce que je suis gay ? », « Comment faire part de mon orientation sexuelle à mes parents ? », « Je me sens mal dans mon corps, j’ai l’impression d’être un garçon né dans le corps d’une fille »…

Ligne Azur peut t’écouter et t’aider, pour toutes les questions liées à l’orientation sexuelle ou l’identité de genre, de 8h à 23h, 7j/7 au 0 810 20 30 40 (service est de 0,06€ la minute + prix d’un appel normal) ou au 01 41 83 42 81 (appel gratuit selon le forfait souscrit). Tu peux également les contacter par email.

Ce que dit la loi sur…

Le sexe de son partenaire

Depuis 1982, le choix de son partenaire sexuel est libre : les personnes homosexuelles peuvent vivre leur sexualité comme elles l’entendent (loi n° 82-683 du 4 août 1982).

Les relations sexuelles entre mineur(e) de 15 ans et majeur(e)

Le fait, par un(e) majeur(e), d'exercer sans violence, contrainte, menace ni surprise une atteinte sexuelle sur la personne d'un(e) mineur(e) de 15 ans est puni de 5 ans d'emprisonnement et de 75 000 € d'amende (article 227-25 du Code pénal).

Le droit à disposer de son corps (contraception, IVG)

Les mineures âgées d'au moins 15 ans bénéficient, notamment, de la gratuité des pilules contraceptives et dispositifs médicaux contraceptifs inscrits sur la liste des médicaments et produites remboursables par l'Assurance maladie (décret du 29 juin 2016 relatif à la participation de l'assuré pour les frais liés à la contraception des mineures d'au moins 15 ans).

La loi permet à toute femme enceinte, majeure ou mineure, qui ne veut pas poursuivre une grossesse de demander à un médecin l’interruption de sa grossesse. Seule la femme concernée peut en faire la demande (article L.2212-1 du Code de la santé publique).

Le viol et les agressions sexuelles

Le viol est un crime. Il est défini par la loi comme tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise.

Il peut s’agir d’une pénétration dans la bouche, le vagin ou l’anus, par le sexe, le doigt ou par un objet.

  • Pour une victime mineure de moins de 15 ans : la peine encourue est de 20 ans d’emprisonnement. La victime dispose de 20 ans après sa majorité pour porter plainte, c’est-à-dire jusqu’à ses 38 ans.
  • Pour une victime mineure de plus de 15 ans ou majeure : la peine encourue est de 15 ans de prison. La victime dispose de 10 ans pour porter plainte ou de 20 ans à partir de la majorité si la victime était mineure au moment des faits, c’est-à-dire jusqu’à ses 38 ans.

Les agressions sexuelles autres que le viol sont des délits. Elles sont définies comme des actes à caractère sexuel sans pénétration commis sur la personne d’autrui, par violence, contrainte, menace ou surprise. Cela peut être des caresses ou des attouchements de nature sexuelle par exemple.

 

  •  Pour une victime mineure moins de 15 ans : la peine encourue est de 10 ans d’emprisonnement et 150 000 € d’amende (article 222-29-1 du Code pénal). La victime dispose de 20 ans après sa majorité pour porter plainte, c’est-à-dire jusqu’à ses 38 ans.
  • Pour une victime mineure de plus de 15 ans ou majeure : la peine encourue est de 5 ans de prison et 75  000 € d’amende (article 222-27 du code pénal), des circonstances aggravantes pouvant l’augmenter, ou de 7 ans d’emprisonnement et 100 000 € d’amende si l’agression a été commise par un(e) ascendant(e) (parent, grand-parent…) ou toute autre personne ayant autorité de droit ou de fait sur la victime (professeur(e), animateur(trice)…) (article 222-28 du Code pénal). La victime dispose de 3 ans pour porter plainte. Toutefois, si l’agression a été commise par plusieurs personnes ou si l’auteur(e) du délit est un(e) ascendant(e) (parent, grand-parent…) ou toute autre personne ayant autorité de droit ou de fait sur la victime (professeur(e), animateur(trice)…), la victime disposera, dans ce cas, de 10 ans après sa majorité pour porter plainte, c’est-à-dire jusqu’à ses 28 ans.
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Cette réponse a été rédigée par l’équipe de la Fondation pour l’Enfance. Les associations Le Refuge et le Collectif Féministe Contre le Viol y ont aimablement contribué en faisant part de leurs expertises sur le sujet.

Mise à jour le 11/1/2017.

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